
CAE Aviation, une entreprise dont le siège est au Findel, aurait été impliquée sur demande de l'État français dans une opération égyptienne, dans laquelle des centaines de personnes auraient été tuées, a révélé la semaine dernière le média d'investigation en ligne "Disclose". Le ministre luxembourgeois de la Défense, François Bausch, a réagi mardi matin à ce scandale militaire.
Selon l'enquête de "Disclose", le gouvernement égyptien aurait bombardé pendant des années des civils à la frontière avec la Libye, parce qu'il pensait qu'il s'agissait de passeurs. L'opération dénommée "Sirli" aurait rapporté 19 millions d'euros à CAE Aviation depuis 2016.
L'Etat luxembourgeois a déjà collaboré avec cette société, a confirmé François Bausch: "(...) Cette société a au fond seulement fait pour nous des vols d'observation dans le cadre d'une mission internationale, c'est la mission Irini, là il s'agissait de deux choses, surtout de la surveillance de l'embargo sur les ventes d'armes à la Libye et deuxièmement de traite d'êtres humains avec la Somalie etc; cela signifie que des photos ont été réalisées et des images enregistrées, et les mouvements de navires ont été signalés."
Lorsque le contrat a fait pour la dernière fois l'objet d'un appel d'offres en 2020, une autre société l'a emporté. Le gouvernement n'a plus collaboré avec CAE Aviation depuis.
En ce qui concerne les accusations formulées à l'encontre de la société par "Disclose", le Luxembourg ne serait pas habilité, même si l'entreprise a son siège au Luxembourg. Nous ne pourrions rien faire, selon le ministre: "C'est une société privée, si c'était une entreprise publique, ce serait une autre discussion. Alors jouerait aussi le fameux article de la Convention internationale, qui dit très clairement que nous serions dans un film très différent. Si nous, en tant qu'Etat luxembourgeois, nous avions mis à disposition un service avec une entreprise publique et qu'une telle chose était arrivée, l'Etat serait responsable, mais ici, c'est une entreprise privée. Et c'est simplement le droit pénal et le droit international qui interviennent."
Si les accusations étaient confirmées, ce serait problématique, a concédé le ministre de la Défense: "C'est évidemment problématique si cela s'est passé. Mais ce sont les Français qui ont passé la commande, et si de telles choses ont été faites ou si des contrats ont été violés, cela doit être clarifié en France. La France est responsable pour ses contrats. Mais, bien sûr, quelle que soit l'entreprise avec laquelle on traite, on n'a jamais une vue d'ensemble de tout ce que fait l'entreprise."
Le ministre ne veut pas juger ce qui a pu se passer en Egypte, parce qu'il n'avait rien à voir avec les contrats et qu'il a seulement connaissance de ce qui a été publié dans les médias jusqu'à présent, selon François Bausch.