Formation, salaires...Pourquoi manque-t-on de chauffeurs de bus au Luxembourg?

Romain Van Dyck
Il faut rendre le métier de chauffeur de bus "plus attractif", admet volontiers le ministre de la mobilité François Bausch, face à la pénurie qui frappe ce secteur.

"Le secteur des transports en commun est actuellement touché par une pénurie de chauffeurs d’autobus" fait remarquer dans une question parlementaire la députée Myriam Cecchetti (déi Lénk).

Une pénurie qui s'expliquerait notamment "par des délais d’attente beaucoup trop élevés pour les formations, la faible qualité de ces formations et le taux d’échec élevé des candidat.e.s aux examens" ajoute l'élue, pointant en outre des problèmes au Centre de Formation pour Conducteurs à Sanem (CFC) qui "se verrait confronté à un taux important de démissions du personnel depuis 2019".

Bref, une mauvaise nouvelle pour la mobilité durable au Luxembourg, surtout à une époque où la demande pour les transports en commun augmente.

BEAUCOUP D'ÉCHECS AUX EXAMENS

Dans sa réponse publiée ce jeudi, François Bausch rappelle tout d'abord que la crise sanitaire a provoqué "l’arrêt forcé des formations en 2020 et l’impossibilité de dispenser les formations avec la vitesse de croisière usuelle".

Mais des efforts ont été faits pour rattraper ce retard et "ce délai a pu être réduit au niveau d’avant COVID, c.-à-d. à deux à trois mois actuellement."

Cependant, le taux d'échec aux examens d’admissibilité du secteur communal pour les candidat-e-s à la fonction d’agent de transport reste très élevé ces dernières années: 70% en 2018, 61% en 2019, 50% en 2020, 64% en 2021 et 60% en 2022.

Hélas, le ministre ne dispose pas de chiffres quant au nombre de conducteurs manquants dans le secteur. Mais il précise que des réflexions sont en cours pour réformer cet apprentissage et trouver un moyen de "rendre l’emploi de chauffeur de bus plus attractif, comme notamment une formation professionnelle comprenant une conduite sur un circuit fermé à mentionner dans les curricula des chauffeurs", ou encore "une réforme de l’apprentissage similaire au système allemand, entre autres."

PRES DE 3.500 EUROS EN DÉBUT DE CARRIÈRE

Comme le détaillait le même François Bausch dans une réponse parlementaire du 26 octobre dernier, les effectifs augmentent régulièrement: "le nombre total de chauffeurs dans les compagnies de bus luxembourgeoises titulaires d’un permis de conduire D, D1 ou B était de 3.069 en 2019, 3.113 en 2020 et 3.479 en 2021", dont 1.600 chauffeurs circulant pour le réseau RGTR.

Quant aux salaires, rappelons tout d'abord qu'ils peuvent dépendre de plusieurs facteurs comme l'ancienneté, la formation, la commune où le chauffeur est employé... De façon générale, dans son rapport datant d'avril 2022 (excluant donc les derniers index), l’Inspection du Travail et des Mines établissait la rémunération mensuelle brute pour un conducteur d’autobus titulaire du permis D à 3.458 euros la première année, puis 3.571 euros les 2e et 3e années, 3.685 euros la 4e, et jusqu'à 4.196 euros à partir de la 25e année.

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