
Le gouvernement Bettel va-t-il trop loin en voulant renforcer le CovidCheck? Pour nos lecteurs, la réponse est clairement oui.
Dans un sondage réalisé sur notre site début décembre, près de 74% des 5.400 lecteurs interrogés ont jugé que les nouvelles restrictions prévues par le Luxembourg étaient disproportionnées.
Particulièrement ambitieuses, les nouvelles restrictions doivent être votées et appliquées d'ici la fin de la semaine. Elles prévoient, entre autres, de n'autoriser que les personnes vaccinées ou guéries à profiter des bars, restaurants et lieux de loisirs. L'entrée sera également liée à une vérification de l'identité des clients, afin de confirmer que leur CovidCheck est bien à leur nom.
Dans un deuxième temps, à partir du 15 janvier, le CovidCheck sera obligatoire pour pouvoir se rendre sur son lieu de travail. Une formalité pour les personnes vaccinées ou guéries, mais un casse-tête pour celles et ceux qui refusent les vaccins: avec la nouvelle loi, eux devront se faire tester tous les deux jours.
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Si les mesures ont le soutien du monde médical, leur caractère très restrictif les rend impopulaires. "Draconiennes" les qualifie Diana, une de nos lectrices. "Nous perdons nos libertés et nos droits humains." Même son de cloche pour Mimi, qui évoque des mesures "liberticides, inhumaines, dictatoriales et qui violent les droits humains fondamentaux". "C'est inadmissible qu'on en arrive là" renchérissent d'autres, parlant même de "chasse à l'homme non-vacciné" et de restrictions "trop sévères" ou "incompréhensibles".

Les avis collectés sont globalement aux antipodes de celui du Conseil d'État, qui estime que, compte tenu de la situation sanitaire, "le régime CovidCheck ne constitue pas une ingérence disproportionnée dans les libertés individuelles". La Commission nationale d'éthique a elle aussi été dans le sens du gouvernement: "la société est, de toute évidence, touchée par le choix des personnes non-vaccinées et elle peut donc choisir – démocratiquement – de restreindre cette liberté".
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S'ils sont parfois perdus, voire jugent être "menés en bateau" par des institutions et des médias en lesquels ils n'ont plus forcément confiance, ces lecteurs ont bien compris que le quotidien des personnes non-vaccinées allaient se compliquer. "Nous sommes mis à l’écart de la société" regrette un lecteur anonyme.
C'est "juste une façon détournée d'obliger les gens à se faire vacciner" analyse une autre. "La politique s'est éloignée trop loin du peuple" nous écrit-on encore. La position du gouvernement est pourtant claire sur le sujet: la vaccination est le meilleur moyen de se protéger du virus. En témoigne le remplissage des hôpitaux.
Ces hospitalisations en hausse sont d'ailleurs une des préoccupations des "pro-mesures sanitaires". Nela, aide-soignante, rappelle qu'elle et ses collègues ont choisi la vaccination "pour protéger les autres et les nôtres en rentrant le soir à la maison". Jen est du même avis: "Il faut à un moment que chacun se responsabilise… le vaccin reste la meilleure option pour le moment."
Malgré la vaccination de bientôt 70% de la population totale (sans compter les 112.000 personnes qui ont reçu une troisième dose), la fracture semble pour l'instant nette entre les pro et les anti-mesures.