
Vous l'aurez compris, le Luxembourg compte sur ses radars pour inciter les automobilistes à être plus prudents sur les routes. Lundi, le président de la Sécurité routière s'est montré très ferme sur la question en déclarant qu'il était "hors de question d'abandonner les contrôles automatisés". Un point de vue partagé par le ministre de la Mobilité, François Bausch, qui a, lui aussi, tenu à réagir à notre article publié samedi dernier.
Le ministre a tout d'abord précisé que les chiffres de la mortalité routière étaient en baisse depuis "30 à 40 ans" au Luxembourg. Une baisse qu'il attribue à une amélioration des infrastructures routières, aux voitures qui sont devenues plus sûres et aux contrôles qui se sont multipliés.
"Tous les experts en sécurité routière s'accordent à dire que les gens ne sont pas raisonnables en règle générale" affirme-t-il. Le ministre prend l'exemple de la crise sanitaire et soutient que "si tout le monde respectait les règles de base, on aurait très peu de problèmes."
François Bausch part de ce principe pour justifier les contrôles et l'installation des radars sur les routes luxembourgeoises. Il soutient que "les contrôles font partie du processus de prévention des accidents". À ses yeux, moins il y a de contrôles, plus les accidents deviennent "désastreux".
C'est pourquoi le Luxembourg mise sur les radars et non pas sur une réduction de la vitesse sur les routes nationales ou sur les autoroutes du pays. "Pour moi, baisser les limitations de vitesse, ça n'a pas de sens" a-t-il lâché lors de notre entretien au ministère.
Le ministre affirme que les "règles générales" (Code de la Route) sont très importantes mais qu'il est plutôt en faveur d'une approche adaptée à chaque cas de figure. Il prend l'exemple des tronçons dangereux où il serait envisageable d'abaisser les limitations de vitesse d'après lui.
Le cas échéant, François Bausch évoque également la possibilité de déplacer les arbres considérés comme dangereux et d'arrêter purement et simplement d'en planter à proximité des routes du pays. Dans ce contexte, le ministre admet s'inspirer "des pays scandinaves, de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas".
Revenant sur la stratégie danoise, il fait remarquer que "les amendes sont beaucoup plus sévères qu'au Luxembourg" et que si les automobilistes sont plus prudents sur les routes "ça n'a rien à voir avec le volontarisme". "C'est très facile de perdre son permis au Danemark" ajoute-t-il.
Pour le ministre, ce sont donc bien les contrôles et les sanctions qui font la différence, même au Danemark. Il n'en démord pas. François Bausch nous a d'ailleurs confirmé que l'installation de radars aux feux rouges et dans les tunnels était toujours d'actualité.
D'après François Bausch, le premier radar feu rouge sera installé place de l'Étoile et devrait être opérationnel au mois de janvier ou février prochain. Il nous a également annoncé que les radars tunnels "devraient arriver fin de l'année prochaine (2021)".
Il n'y aura donc pas de volte-face en termes de sécurité routière. Le ministre croit fermement en sa politique de contrôles et espère pouvoir, à terme, atteindre l'objectif "zéro mort, zéro blessé grave" sur les routes luxembourgeoises.