Personnel négligéPlusieurs partis politiques attendent des éclaircissements dans le dossier Caritas

Tim Morizet
La manière dont le personnel de Caritas a été traité ces derniers mois n’est pas correcte, les politiques en conviennent également.
© RTL

"Nous sommes abandonnés à notre sort", a déclaré il y a deux jours une collaboratrice de Caritas, Carole Reckinger, dans une interview accordée à RTL. A partir du moment où le comité de crise a été mis en place, il n'y a plus eu aucune communication avec les employés. Il y a aussi eu un manque d'empathie, a-t-elle dit. Un certain nombre de partis politiques réclament désormais des éclaircissements urgents. 
 
Un comité de crise pour trouver rapidement des solutions, des déclarations de l'État qui se distancie de Caritas, un conseil d'administration mis à l'écart et un comité de direction abrogé. De déclaration en déclaration, la soupe Caritas devient de plus en plus trouble.
 
Pour le public, mais aussi pour les plus de 300 salariés qui n'ont été informés de rien pendant des mois, a regretté Carole Reckinger, responsable du plaidoyer politique de Caritas lundi sur RTL. Ce sont des propos effrayants, selon le président du groupe parlementaire CSV, Marc Spautz: "Dans ma vie antérieure de secrétaire syndical, j’ai vu de nombreuses entreprises fermer leurs portes. Mais là c'était toujours clair. Il y avait aussi une communication. Les gens savaient quelles étapes auraient lieu ensuite, car c'est aussi important pour eux de savoir quelle direction cela va prendre. Et quelle est la perspective pour eux-mêmes et pour les personnes dont ils sont responsables. Je regrette que l'aspect humain ait été perdu."

L'intérêt des gens a été mis à l'arrière-plan, déplore également Djuna Bernard, co-présidente des Verts, aussi avec l'abandon par la nouvelle organisation "Hëllef um Terrain" du plaidoyer politique c'est-à-dire des revendications du terrain aux responsables politiques.

Djuna Bernard: "Je pense que de très nombreux intérêts économiques ont été pris en compte, de même que des aspects légaux. Mais tout l’aspect humain a été perdu. Tant en ce qui concerne le traitement des employés que l’avenir de la coopération. Mais en même temps, c'est le cœur de tout le secteur qui est remis en question, car nous sommes désormais passés à  une entreprise de prestation de services, comme le dit Monsieur Billon lui-même. Ce qui montre à quel point le secteur est mal compris."
 
Le comité de crise aurait interdit au personnel de s'adresser à la presse. La direction n'aurait pas été autorisée à parler au personnel, selon les critiques. Christian Billon dément: "Caritas est une grande entreprise, beaucoup de gens ont travaillé pour elle, mais il y a des rumeurs comme il y en a dans beaucoup d'entreprises. Elles ne font que susciter encore plus de crainte."
 
Pour le député LSAP Mars di Bartolomeo, une chose est cependant claire: le travail du comité de crise doit être analysé: "Nous avons une foule de question. Et plus nous posons des questions et recevons de 'réponses', plus de nouvelles questions surgissent. Je souhaiterais une transparence totale. Que ce dossier soit complètement traité, pour que nous en tirions des leçons pour l'avenir."
 
Le LSAP a demandé une commission spéciale afin de faciliter le traitement du dossier Caritas.

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