
Il y a d'abord eu la pandémie et maintenant la guerre en Ukraine. L'industrie est actuellement confrontée à de grands défis. La Fedil, la Fédération des industriels luxembourgeois, se prépare à des changements fondamentaux.
Les sanctions contre la Russie ne nuisent pas seulement à l'économie russe. Au Luxembourg, l'industrie importe de Russie, directement ou par des voies détournées, des matières premières importantes, qui maintenant ne lui parviennent plus.
"Il ne nous appartient pas de prendre ces décisions. Quand les politiques les ont décidées, nous les avons partagées. Le rôle que nous avons, est de déterminer et d'expliquer quelles sont les conséquences", selon René Winkin, le directeur de la Fedil.
Des explications qui ne sont pas simples. Les implications sont complexes. En théorie, au Luxembourg, le secteur pourrait soutenir un arrêt complet des importations de gaz et de pétrole russes. Mais l'industrie allemande serait gravement impactée, et les Luxembourgeois dépendent de cette dernière.
"Nous savons que s'il y a une pénurie de gaz, l'industrie sera la première à avoir le gaz coupé. Ce sont des industries qui fabriquent des produits, qui sont au début de tout le processus: métal, verre, matières synthétiques. Nous devons supposer qu'alors de nombreux secteurs ne fonctionneront plus."
Et les prix de ces produits qui arriveraient encore sur le marché, exploseraient.
Les conséquences d'un arrêt des importations de pétrole russe seraient encore prévisibles: des prix élevés à la pompe. Mais selon la Fedil, un embargo sur le gaz est une question qui concerne l'ensemble de la société. D'une manière générale, la consommation de gaz devrait diminuer, estime la Fédération industrielle, qui est d'accord avec l'accord tripartite, même si les grandes questions n'ont pas été posées.
"Mais il aurait encore fallu voir ce qui aurait pu être changé structurellement. Si nous projetons ces pénuries encore plus loin, nous ne pouvons pas dire que nous donnerons simplement de l'argent aux gens pour qu'ils achètent comme jusqu'à présent. S'il y a pénurie, il y a pénurie", explique René Winkin.
L'objectif serait d'être moins dépendant des importations. L'intérêt des acteurs de l'industrie pour la décarbonation serait donc grand, selon René Winkin.
Le reportage de nos collègues de RTL en luxembourgeois: