
Dans l'émission "Punkt fir Punkt", nos collègues de RTL Télé sont revenus sur les aides financières en faveur des indépendants et des entreprises, mises en oeuvre par le gouvernement depuis le début de la pandémie, en mars 2020.
Grâce au chômage partiel, de nombreux salariés conservent au moins une bonne part de leur salaire. Mais qu'en est-il des indépendants? Jusqu'à présent, ils ont reçu deux aides ciblées. Une troisième aide est en procédure législative et s'oriente vers l'aide financière accordée en mai 2020, a précisé le ministre des Classes moyennes, Lex Delles, mardi après-midi à nos confrères de RTL.
Tous les indépendants ne seront pas éligibles à cette aide. Le revenu normal de l'indépendant qui la sollicitera, ne pourra pas être supérieur à 2,5 fois le salaire minimum. Cette aide, qui pourrait être votée par les députés la semaine prochaine, sera variable en fonction de la tranche de revenu cotisable, de la manière suivante:
Un indépendant avec un revenu
• compris entre 1/3 et 1,5 fois le salaire minimum, recevra 3.000 euros
• compris entre 1,5 et 2 fois le salaire minimum, recevra 3.500 euros
• compris entre 2 et 2,5 fois le salaire minimum, recevra 4.000 euros.
A ce jour, l'Etat a versé aux indépendants des aides financières à hauteur de 26 millions d'euros, la nouvelle aide non comprise.
Il y a l'indépendant et derrière sa personne, il y a souvent toute une entreprise. Là aussi des voix s'élèvent de plus en plus pour se plaindre des aides publiques jugées insuffisantes. Rappelons-nous la manifestation du secteur Horeca le week-end dernier.
Un patron essaye de garder la tête hors de l'eau, cela fonctionne évidemment mieux quand son entreprise marche bien. Ce n'est pas aussi simple avec des confinements réguliers. A ce jour, le ministère des Classes moyennes a versé environ 265 millions d'aides aux entreprises et indépendants.
Un bon nombre d'aides en faveur des entreprises ont effectivement été créées au cours des derniers mois. Certaines aides sont complémentaires, d'autres ne peuvent être cumulées.
• En mars et avril 2020, il y a eu des premières indemnités d'urgence. Il s'agissait d'aides directes et non-remboursables à hauteur de 5.000 euros pour les petites entreprises.
• Une autre indemnité d'urgence à hauteur de 12.500 euros a été créée en avril pour les entreprises de 10 à 20 salariés.
• Des aides spécifiques à destination des indépendants ont été mises en place en avril et en mai.
• Ensuite il y a eu le fonds de relance et de solidarité, pour les secteurs durement touchés par la crise, comme l'Horeca ou l'événementiel. Les demandes pour en bénéficier doivent être déposées avant le 15 février.
• Il y a aussi des aides spécifiques pour les petits commerces et aux investissements.
• Plus récemment, il y a encore eu l'aide de relance pour certains secteurs spécifiques particulièrement touchés par la crise, qui peut être demandée pour les mois de décembre 2020 à mars 2021. Cette dernière ne peut pas être cumulée avec l'aide pour "coûts non-couverts".
Il existe donc un grand nombre d'aides financières différentes, mais elles ont toutes un point commun: elles sont soumises à des conditions strictes. L'Etat veut éviter que l'argent des contribuables soit versé à des personnes qui n'ont droit à aucune aide et qu'il y ait des fraudes. L'investissement administratif est important, admet le ministre. Il est trop important, réplique Giovanni Patri, qui s'est engagé en faveur des commerçants depuis le début de la pandémie et qui regroupe près de 8.000 personnes sur Facebook.
Les aides financières seraient trop compliquées, trop faibles. Il n'y aurait plus de liquidités. Les réserves seraient à présent épuisées. De nombreux indépendants auraient d'ores et déjà la tête sous l'eau.
Lex Delles considère les choses de manière plus pragmatique: les aides sont là. Selon lui, les restaurateurs, les commerçants, les indépendants doivent tenter l'effort de faire ce travail épuisant de gratte-papier. A ce jour, 32.000 dossiers éligibles ont été traités.
Le reportage en langue luxembourgeoise: