Sanctions contre IsraëlXavier Bettel souligne le manque d'unité au sein de l'UE

Annick Goerens
adapté pour RTL Infos
La politique étrangère de l'Union européenne était le thème de l'émission de RTL "L'invité de la rédaction" mardi matin, qui recevait le Vice-Premier ministre Xavier Bettel.
© Annick Goerens

 L’Union européenne peine toujours à adopter des sanctions contre des ministres israéliens, car cela nécessite une unanimité qui fait tout simplement défaut, a fait remarquer mardi sur RTL le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. Xavier Bettel était l'invité de la rédaction, au lendemain du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE.

Avec d'autres pays, le Luxembourg exerce une pression, en particulier pour prendre des mesures contre le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, qui serait tout simplement un extrémiste, selon le ministre des Affaires étrangères. Xavier Bettel critique toutefois le fait qu’il manque une position commune claire, tant au sein de la Commission européenne qu’entre les États membres. La Commission européenne aurait cependant promis d'élaborer des propositions pour le mois de juillet. "Mais j’entends cela depuis des mois déjà. Et j’espère que cela se concrétisera vraiment."

L’UE cherche une ligne commune face à Israël

Le ministre des Affaires étrangères a également tenté, avec les Pays-Bas et la Belgique, d'emprunter la voie d'une interdiction des produits provenant des colonies israéliennes en territoires occupés, mais il lui a été expliqué lundi que cela ne serait pas conforme au droit européen. "C’est une telle pagaille, je vous le dis très honnêtement, où nous essayons de faire des choses, mais au fond, les règles ne sont pas très claires. "

 La critique d’Israël n’est pas automatiquement de l’antisémitisme

À la suite d’une controverse avec une militante palestinienne lors du sommet Nexus la semaine dernière, Xavier Bettel a une nouvelle fois défendu sa position. Selon lui, il est légitime de critiquer le gouvernement israélien sans être immédiatement qualifié d’antisémite. "Je n’accepte pas non plus que, dès que je me permets de dire que ce gouvernement israélien se comporte vraiment très mal, on me traite d’antisémite."

En même temps, il met en garde contre une suspicion généralisée à l’égard de tous les Israéliens ou de tous les juifs. Il critique le fait que ces sujets soient souvent confondus, ce qui rend le véritable débat plus difficile. 

Jean-Claude Juncker: "Ce n’est pas quelqu’un qui essaie de décrocher un prix Nobel" 

Dans la guerre en Ukraine, l’accent principal devrait surtout être mis sur un cessez-le-feu. La Russie a intensifié ses attaques, mais on constate que l’offensive russe n’avance plus aussi bien. Des négociations de paix seraient importantes, et l’Ukraine devrait y entrer en position de force et d'abord y être impliquée tout court.

C’est pourquoi Xavier Bettel continue de considérer Jean-Claude Juncker comme une personne appropriée pour jouer le rôle de médiateur. Son expérience, sa réputation et l’absence d’ambitions personnelles plaident en sa faveur. "Ce n’est pas quelqu’un qui essaie de décrocher un prix Nobel. Et troisièmement, ce n’est pas quelqu’un qui a un ego qui lui ferait dire : je veux le faire vis-à-vis des autres Premiers ministres ou chefs d’État, parce que je veux être plus important que les autres." 

Prudence concernant une adhésion de l’Ukraine à l’UE

En ce qui concerne une éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, Xavier Bettel s’est montré plutôt réservé. Il existe des critères et des règles qui s’appliquent à tous les pays candidats à l'adhésion. Il ne faut pas accorder à l’Ukraine une “formule TGV” simplement parce qu’elle est en guerre, sinon cela donnerait l’impression aux autres candidats, qu’un conflit accélère l’accès à l’Union européenne. 

Paulette Lenert devrait être commissaire pour l’Exposition universelle 2030 à Riyad

© Chris Schagen

À la fin de l’entretien, Xavier Bettel a confirmé qu’il proposerait au conseil de gouvernement de nommer Paulette Lenert comme commissaire pour la prochaine Exposition universelle. Celle-ci aura lieu en 2030 à Riyad, en Arabie saoudite, et il estime donc important de nommer une femme. Par ailleurs, elle est une ancienne vice-Première ministre, ce qui aurait davantage de poids dans ce type de pays que beaucoup d’autres profils.
À partir du 1er juillet, Paulette Lenert devrait travailler au ministère du Commerce extérieur et prendre en charge les préparatifs pour cette nouvelle mission. "Et elle n'aura pas là un travail où elle aura le temps de regarder les mouches voler. " Il s’agira d’une situation gagnant-gagnant pour les deux parties, explique le ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel.

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