
Voilà six ans, que la Maison du Grand-Duc a été créée. Cette administration est censée épauler le Grand-Duc sur les plans organisationnel et logistique, autrement dit, séparer les affaires professionnelles et privées à la Cour. Huit mois après l'avènement au trône de Guillaume, la Maison du Grand-Duc est restructurée. Lundi, les députés ont pris connaissance du nouvel organigramme au sein de la Commission des Institutions, qui l'a bien accueilli.
Laurent Zeimet, chef du groupe CSV et président de cette commission, a déclaré que "la Maréchale de la Cour était présente en commission et nous a expliqué en toute transparence comment elle souhaite restructurer légèrement la Maison du Grand-Duc afin de la rendre plus flexible. Elle a toute notre confiance et notre soutien."
L'organisation actuelle de l'administration présente certaines ambiguïtés et des chevauchements. Le directeur de cabinet de la maréchale-chef cumulait les fonctions de chef de cabinet avec celles d'aide de camp. Les infrastructures, c'est-à-dire le palais, les châteaux, ainsi que les garages et les jardins, et le patrimoine, comme la bibliothèque, les archives et les collections, étaient gérés séparément.
"La situation n'est donc pas encore claire. On s'efforce de clarifier les choses et les choses avancent, mais ce n'est pas optimal", a expliqué Sasha Baillie.
Le capitaine Pierre Schroeder, aide de camp, reprendra également le protocole, étant déjà responsable de l'organisation et de la sécurité du Grand-Duc Guillaume. Et à Sasha Baillie d'ajouter : "En regroupant l'infrastructure et le patrimoine, nous réunissons logiquement au sein d'une seule direction tout ce qui concerne la gestion et la préservation. Tout ce qui doit être préservé, conservé et valorisé relève ainsi d'un seul et même domaine de responsabilité."
La personne idéale pour ce poste est actuellement recherchée. "L'offre d'emploi sera publiée prochainement, une fois le décret grand-ducal adapté en conséquence."
Outre la personne recrutée et Pierre Schroeder, le conseiller du Grand-Duc, Tim Kesseler, et la directrice du personnel, Françoise Jaminet, font partie de l'équipe de direction placée sous l'autorité du Maréchal de la Cour. Yves Arend étant nommé chef du protocole du gouvernement, le bureau du Maréchal de la Cour disparaîtra sous sa forme actuelle. Sasha Baillie bénéficiera d'une aide extérieure pour mettre en œuvre les changements internes au cours des prochaines années.
"Pour l'instant, je m'en occupe seule. Franchement, c'est trop lourd. Il faut gérer les opérations quotidiennes habituelles tout en planifiant l'avenir de l''organisation."
La consultation externe doit encore être budgétisée. La Maison du Grand-Duc dispose d'environ 20 millions d'euros par an, dont un quart environ est consacré à la sécurité et à l'entretien des bâtiments. Des coûts que Sam Tanson, du parti des Verts, comprend parfaitement: "Nous avons également constaté ici, à la Chambre, que tout cela a un coût. Nous attendons donc la présentation des chiffres, notamment concernant la nouvelle organisation, cet automne. "
Comme les 120 employés de l'administration ont été et seront inclus dans les changements, Taina Bofferding, cheffe du groupe parlementaire LSAP, n'y voit pas d'objection. André Bauler, du DP, partage cet avis: "C'est la bonne approche. Si l'on veut opérer des changements structurels d'une telle ampleur, il faut associer les salariés. J'espère que cette dynamique se maintiendra afin que, à l'avenir, nous ne soyons plus confrontés à des situations aussi étranges à la Cour qu'il y a quelques années." Il rappelle qu'"à l’époque, l’objectif était de clarifier l’organisationde la Cour et de séparer autant que possible les affaires professionnelles et privées. Nous sommes sur la bonne voie."
Suite à des irrégularités au sein de la Cour , le Premier ministre de l’époque, Xavier Bettel, avait dépêché Jeannot Waringo auprès de la Cour fin juin 2019 pour mener une enquête. Les conclusions de son rapport avaient justement conduit à la création de la Maison du Grand-Duc.