Protestation de l'OGBL“Des synergies, cela signifie toujours des suppressions de postes"

Diana Hoffmann
adapté pour RTL Infos
L’OGBL a manifesté mercredi à midi contre l’acquisition prévue du fabricant allemand d’ascenseurs TK Elevator par Kone.
© Diana Hoffmann

Les syndicalistes s’étaient réunis pour leur piquet de protestation devant le siège du fonds d’investissement “Advent International” à Luxembourg-ville. Ils manifestaient contre l’acquisition prévue du fabricant allemand d’ascenseurs TK Elevator par la société finlandaise Kone. Cette action avait pour cadre une journée internationale de mobilisation avec des initiatives en Europe, aux États-Unis et en Corée du Sud. Les employés, à l’échelle mondiale, craignent des restructurations et dénoncent un manque de transparence.

La transaction prévue a une valeur de près de 30 milliards d’euros, un montant légèrement supérieur au budget de l’État luxembourgeois. Pour les fonds d’investissement Advent International et Cinven, il s’agit d’une affaire de plusieurs milliards. Ils avaient acquis TK Elevator en 2020 pour environ 17 milliards d’euros et s’apprêtent à revendre l’entreprise avec un bénéfice important.

Ces fonds fonctionnent selon le principe du capital-investissement (“private equity”) : des entreprises sont rachetées, rendues plus rentables, puis revendues après quelques années. Cela passe souvent par des restructurations, des réductions de coûts et des programmes d’efficacité. Les syndicats critiquent le fait que, dans ce type de modèle, les conséquences sociales passent souvent au second plan.

“Des synergies, cela signifie toujours des suppressions de postes"

Ce sont précisément ces inquiétudes qui sont perceptibles. Kone a en effet annoncé vouloir économiser 700 millions d’euros dans le cadre de ce deal grâce à des synergies. Pour les syndicats, c’est un signal d’alerte. "Des synergies, cela signifie toujours des suppressions de postes", craint Joe Gomes, secrétaire central adjoint de l’OGBL. Quelque part dans le monde, des personnes perdent toujours leur emploi.

Les salariés de TK Elevator, se sentent ignorés. Markus Josten, président de la délégation du personnel chez TK Elevator, indique que les employés s’attendaient en fait simplement à ce que l’entreprise soit introduite en bourse. "Le deal avec Kone nous a été communiqué il y a peu, sans que le conseil de surveillance en ait été informé", souligne‑t‑il. Jusqu’à présent, aucune réponse n’a été obtenue quant à ce qu'il adviendra des différents sites, des usines ou du personnel.

Un impact limité attendu au Luxembourg

Au Luxembourg, environ 50 personnes travaillent pour TK Elevator. Une grosse vague de licenciements n'est pas attendue à cause des services fournis ici. Markus Josten n’exclut cependant pas que certains postes administratifs puissent disparaître. Les inquiétudes sont toutefois plus grandes pour les sites et les usines à l’étranger, notamment en Espagne, en Allemagne ou en Corée du Sud.

Dans le cas d'une synergie, l’OGBL demandera des garanties : plus de transparence, des garantie sociales et des accords sur la sécurité du site et de l’emploi. Car, selon Joe Gomes, il ne s’agit pas seulement d’argent, mais aussi d'êtres humains et de leurs familles.

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