Réactions à l'état de la nationNombreuses critiques de l'opposition, la majorité défend le Premier ministre

Michèle Sinner
Pierre Weimerskirch
adapté pour RTL Infos
Après le discours sur l'état de la nation du Premier ministre Luc Frieden, les députés ont réagi. Tandis que l’opposition exprime de vives critiques, la majorité parle d’une analyse réaliste et équitable.
Gilles Baum (DP) et Laurent Zeimet (CSV) peu avant le discours du Premier ministre à la Chambre des députés.
© Domingos Oliveira

Sam Tanson, élue gréng, n’a pas été surprise, avant la tripartite annoncée, qu’il n’y ait quasiment pas eu de nouvelles annonces. Elle a souligné que le discours “est passé quelque peu à côté de la réalité du pays”. Elle a notamment regretté que les thèmes des finances publiques et du chômage des jeunes n'aient pas été abordés. Une perspective claire pour les prochaines générations faisait également défaut, selon la députée.

"Le chômage n’a été abordé que très brièvement. Nous avons actuellement un jeune de moins de 25 ans sur cinq qui est à la recherche d’un emploi. C’est un chiffre extrêmement élevé, qui est alarmant."
Sam Tanson, déi Gréng

La crise du logement, le plus grand chantier

Laurent Zeimet, député CSV, a en revanche déclaré que le Premier ministre avait livré une analyse "réaliste et aussi honnête". Il a indiqué qu’il ne s’agissait pas d'un discours budgétaire, mais d’un discours sur la situation économique et sociale du pays. Laurent Zeimet a surtout salué les mesures en matière de logement, notamment la révision de la loi sur les VEFA et le plan visant à mieux garantir le logement abordable. Pour lui, la crise du logement reste le plus grand chantier.

"Il a décrit une situation réaliste, et aussi honnête. Et il ne s’agit pas ici du thème du budget. Cela viendra à l’automne : nous nous pencherons alors à nouveau en détail sur le budget et sur la situation financière."
Laurent Zeimet, CSV

Gilles Baum, élu DP, a lui aussi défendu le discours. Pour lui, il était également juste d’intégrer le contexte international dans l’analyse. Il estime que, notamment dans le domaine du logement, un certain nombre de mesures doivent désormais être approfondies.

"Lorsqu’il y a une crise du logement, il n’y a pas seulement la personne qui conçoit le plan et l’architecte, mais tous ceux qui travaillent en coulisses […] L’État ne peut pas tout faire, mais l'Etat peut mobiliser des moyens financiers pour soutenir le secteur, et les annonces faites cet après-midi montrent que nous voulons encore fournir de véritables efforts."
Gilles Baum, DP

Peu de solutions concrètes, selon les partis d'opposition

David Wagner, député déi Lénk, a déclaré qu’on avait l’impression que le Premier ministre a tenu le même discours qu’il y a un an. En matière de logement, il n’y aurait pas de véritable plan identifiable.

"Je ne m’attendais pas à autre chose, car jusqu’à présent, il n’est pas venu grand-chose de plus du ministre du Logement."

David Wagner, déi Lénk
Taina Bofferding, élue LSAP, a également vivement critiqué le discours. Selon elle, le Premier ministre s'est trop référé à ce que son gouvernement avait déjà mis en œuvre ou à ce qui figure encore dans le programme de coalition. Elle a regretté que la crise du logement soit évoquée, sans pour autant être reconnue comme une crise.
"Il s’est félicité lui-même et a surtout annoncé beaucoup de choses qui étaient déjà connues, ou des projets qu’ils souhaitent encore mettre en œuvre à partir de leur programme de coalition en vue des prochaines élections."
Taina Bofferding, LSAP

Fred Keup, député ADR, a reproché au Premier ministre d’être éloigné de la réalité et de fournir trop peu de solutions concrètes. Il a notamment critiqué le manque de réponses claires en matière de logement et concernant d’autres problèmes de société. Il a critiqué le fait que le Premier ministre évoluerait dans un "monde merveilleux" qui aurait peu à voir avec la réalité des gens.

À la question de savoir quelles propositions de solutions il aurait attendues, il a répondu qu’il faudrait veiller à ce que les Luxembourgeois n’aient plus à déménager à l’étranger. En ce qui concerne l’insécurité et la criminalité, Fred Keup a estimé qu’elles seraient le fait de personnes venant de l’étranger et qu’il faudrait donc faire en sorte qu’elles ne viennent plus au Luxembourg. Ce serait, je cite, "au fond très simple".

Sven Clement, élu Pirate, a décrit le discours comme rempli de “déjà-vu”. Il a critiqué le fait que, selon lui, de nombreuses personnes ont été oubliées, notamment la classe moyenne et les frontaliers. En matière de logement, il aurait attendu l'aveu d’une véritable crise. Il a également vu d’un œil critique l’annonce concernant l’intelligence artificielle, estimant que ses conséquences pour le monde du travail n’avaient pas été suffisamment abordées.

"Nous n'avons pas trouvé un mot sur la classe moyenne. Nous n'avons pas trouvé un mot sur la mobilité Nous n'avons pas trouvé un mot sur les frontaliers, qui font tourner notre pays. Nous parlons d'économie comme si c'était quelque-chose d'abstrait. Et les gens qui passent chaque jour des heures et des heures dans les bouchons, il les oublie complètement."
Sven Clement, Pirates

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