LogementRachat partiel de projets sur plan par l'Etat : des défis supplémentaires pour les promoteurs publics

François Aulner
adapté pour RTL Infos
Mercredi matin, la Société nationale des habitations à bon marché a présenté ses résultats pour 2025, une "année record", selon ses dires. Ce fut également l'occasion pour son directeur de commenter les annonces du Premier ministre dans son discours sur l'état de la nation.
© Morgan Doux

Souvent, des projets de construction restent bloqués parce que seulement 10 % à 30 % des biens sont déjà vendus sur plan, ce qui ne suffit pas pour assurer le financement. C'est pourquoi l’État va à l’avenir racheter partiellement certains projets, comme l’a indiqué le Premier ministre Luc Frieden mardi dans son discours sur l’état de la nation. Cette nouvelle approche pourrait représenter des défis supplémentaires et soulever des questions juridiques et techniques. C’est en tout cas ce qu’a estimé le directeur de la SNHBM, Guy Entringer, mercredi matin lors de la présentation des résultats annuels du promoteur public. La Société nationale des habitations à bon marché n’a pas encore été consultée et a seulement "eu connaissance de différentes réflexions". Guy Entringer s’est évidemment dit d’accord qu’il est "sous-optimal" qu’un projet ne soit pas achevé. Il s’est toutefois posé plusieurs questions.

Premièrement, celle de savoir si l’État ou les promoteurs publics, comme la SNHBM ou le Fonds du Logement, deviendront et resteront copropriétaires, ou s’ils devront revendre les logements individuellement. Dans ce second cas, se poserait la question de savoir s’il faudrait exclure la quote-part du terrain lors de la revente afin de rendre le logement abordable.

Dans le cas où ils resteraient copropriétaires, la cohabitation au sein d’un syndic représenterait un défi important : "Ce qui peut y être décidé, n'est pas toujours logique et je pense qu’il est tout simplement plus facile de gérer lorsqu’un bâtiment appartient entièrement à une seule entité plutôt que lorsque seuls certains appartemments lui appartiennent", a indiqué Guy Entringer.

Pourquoi si cher ?

Le prix que l’État est prêt à payer au mètre carré pour des logements vendus sur plan, selon une gradation basée sur la situation géographique, serait toutefois "absolument pertinent", selon le directeur de la SNHBM, car les prix varient fortement d’une commune à l’autre. L’idée sous-jacente est que, si l’État n’est pas prêt à payer un certain prix, les promoteurs privés ne seront pas disposés à vendre à perte. D’un autre côté, l’État ne souhaite pas non plus financer des marges excessives.

Les prix des logements de la SNHBM sont inférieurs aux prix du marché, mais Guy Entringer a reconnu qu’ils ne sont "pas insignifiants". En principe, il serait "important d’augmenter la densité, car il n’y a déjà pas assez de terrains disponibles".

Les bâtiments que la SNHBM construit à Kennedy Sud, au Kirchberg, paraîtront "très peu denses" par rapport à ceux d’ArcelorMittal, a regretté Guy Entringer. Le directeur de la SNHBM s’est toutefois montré optimiste pour l’avenir : il a souligné que, dans le projet Elmen, la partie qui sera construite maintenant, sera 50 % plus dense que la première phase, déjà réalisée.

La faible densité de la première partie a conduit à des prix "trop élevés pour tout le monde". "Mais nous avons dû passer par cet exercice dans la pratique, afin de montrer concrètement qu’il fallait procéder autrement", a conclu Guy Entringer.

Encore une année record pour la SNHBM

Concernant ses résultats annuels, la SNHBM a parlé mercredi d’une "année record". L’an dernier, elle a lancé la construction de plus de logements que jamais auparavant : 473 logements ont été entamés (+172 par rapport à 2024) et 288 ont été achevés (+38). Au total, 1. 335 logements sont actuellement en construction, dont 613 destinés à la location. La tendance est à la hausse. D’ici 2028, l’objectif est toutefois de doubler ce chiffre.

Plus de 8.000 personnes sont inscrites sur la liste d’attente de la SNHBM pour acheter un logement. Avec son stock de terrains, la SNHBM aurait le potentiel pour construire 3 .000 logements et souhaite en réaliser entre 350 et 400 par an. Pour y parvenir, il faudra identifier des terrains pour de futurs projets et diversifier l’offre.

Parmi les grands projets en cours figurent 600 logements sur le site d’Itzigerknupp à Bonnevoie et 230 à Kennedy Sud, au Kirchberg. Un autre grand projet mais à plus longue échéance, est un "deuxième Elmen" comprenant 600 logements sur le site Hierschterbierg, à Roeser.

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