
Au cours de l’année 2019, la Police grand-ducale a procédé à 849 interventions (avec et sans expulsion). Le nombre des expulsions autorisées par le Parquet a été de 265 (231 en 2018). En moyenne, la Police est intervenue 71 fois et a procédé à 22 expulsions par mois.
Ces chiffres montrent une augmentation des interventions de 14,88% et de 14,71% des expulsions par rapport à 2018. Cette hausse ne signifie pas uniquement une hausse des violences en tant que telle, mais aussi "que les personnes victimes de violences osent davantage chercher de l'aide", souligne Taina Bofferding, ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes.
Le nombre des victimes répertoriées dans le cadre des interventions policières est également en augmentation par rapport à 2018, passant de 1.089 victimes féminines et masculines à 1.337 en 2019. 63,58% des victimes sont de sexe féminin (66,1% en 2018). 195 victimes sont mineures contre 129 en 2018, ce qui représente une hausse par rapport à 2018.
Au vu de ces chiffres, la ministre a souligné: "Cette tendance à la hausse doit être suivie et observée en permanence. Le Luxembourg dispose d’une législation efficace et d’un cadre institutionnel performant avec le comité de coopération entre les professionnels dans le domaine de la lutte contre la violence comme organe de supervision."
Dès le début de la crise, un dispositif a été émis en place pour éviter une augmentation des violences domestiques liées au confinement, avec notamment une helpline dédiée ou le maintien des dispositifs d'expulsion et la prise en charge des auteurs.
Si le nombre d'interventions policières a dépassé la moyenne mensuelle avec 91 interventions, avril (73) et mai (79), sont revenus à des proportions habituelles. Les chiffres des expulsions vont dans le même sens avec 26 expulsions en mars, 19 en avril et 23 en mai.
Cependant, le SAVVD (Service d’assistance aux victimes de violence domestique) note une potentielle recrudescence des violences avec le déconfinement: "Si on prend les chiffres depuis le 1er janvier jusqu'à la date d'hier, 10 juin, on note 126 expulsions cette année contre 103 l'année passée", détaille Olga Strasser en charge de ce service.
Plus globalement, le Comité demande de procéder à une analyse approfondie réunissant tant les professionnels actifs dans le domaine de la violence domestique (gestionnaires sociaux, autorités judiciaires et policières, ministères) que les autres acteurs et institutions ayant joué un rôle important dans la détection des cas de violence domestique durant la crise.