
C'est un mal qui fait autant de morts que le tabagisme, trois fois plus que l'alcoolisme, six fois plus que le sida et 89 fois plus que les conflits et le terrorisme: la pollution atmosphérique est une calamité mondiale.
En moyenne, les habitants du globe perdent 2,2 ans d'espérance de vie à cause des niveaux de "PM2,5" peut-on lire dans le dernier "Air Quality Life Index" (AQLI) réalisé par l'Energy Policy Institute de l'Université de Chicago. Ces particules fines sont généralement issues de l'agriculture, l'industrie ou les transports (ainsi que de l'environnement) et pénètrent dans les poumons.

Mais si 97,3% de la population mondiale est concernée par cette pollution, le degré d'exposition varie fortement, entre l'Asie du Sud qui perd près de cinq années de vie à cause des particules polluantes, la Chine qui perd 2,6 années... En Europe, la situation est globalement plus appréciable, à l'exception notable du nord de l'Italie qui perd plus d'une année d'espérance de vie.
Et le Luxembourg dans tout ça? Comparée au reste du monde, la situation semble plutôt enviable: les résidents y perdent 0,2 année d'espérance de vie à cause de cette pollution, soit un peu plus de deux mois.
Mais comme on peut s'en douter, cet impact de la pollution n'est pas uniforme dans le pays, et certaines régions s'en sortent mieux ou pire, constate l'AQLI. Ainsi:
Bref, direction le nord du pays si vous voulez respirer à plein poumon!

Et bonne nouvelle, toujours selon l'AQLI, la qualité de l'air globale au Luxembourg s'est améliorée sensiblement ces dernières années. Alors que la concentration en particules s'élevait à 7,2 µg/m3 en 2020 (soit 0,2 année d'espérance de vie en moins), elle était de 14,1 µg/m3 en 2010 (soit 0,9 année perdue).
Ces chiffres ne doivent pas faire oublier la triste réalité: la pollution tue bel et bien au Luxembourg. Comme nous le rapportions l'an passé, une étude européenne conclut que la pollution de l'air a été responsable en 2019 de 200 décès prématurés au Luxembourg. Rappelons qu'exposé à une pollution de l'air trop importante, l'organisme risque de développer des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux. Chez l'enfant, la pollution atmosphérique pourrait entraver le développement des poumons, provoquer des infections respiratoires et aggraver l'asthme.