
Il ressort des chiffres de l’Administration de l’enregistrement, qui nous ont été communiqués, que l’an dernier, le nombre de ventes sur plan était certes de nouveau en hausse par rapport aux deux années précédentes, mais que durant les quatre premiers mois de cette année, il a de nouveau diminué par rapport à la même période en 2025. Il est également clair que les meilleurs résultats de l’an dernier restent encore bien en deçà de ceux enregistrés avant la crise, qui avait débuté fin 2022.
L’année la plus mauvaise a clairement été 2023, avec seulement 814 actes VEFA, soit quatre à cinq fois moins que pour les années 2020 et 2021, où l’on dépassait les 3. 000. 2025 a été marqué par une reprise avec environ 1.500 actes, soit deux fois plus qu’en 2023, mais seulement la moitié du volume d’avant la crise. Depuis la fin de l’année dernière, cette légère reprise s’essouffle : alors qu’on comptait 451 actes VEFA durant les quatre premiers mois de l’an dernier, ce chiffre est retombé à 347 au premier trimestre de cette année.

La baisse est probablement due, ou au moins en partie, au fait que le CSV et le DP n’ont pas prolongé certaines de leurs mesures fiscales en faveur de l’investissement et de la location au-delà de l’été dernier. Ces mesures étaient toutefois controversées. L’opposition n’était pas la seule à les critiquer : l’actuel ministre du Logement, Claude Meisch, s’était lui aussi montré critique.
Le gouvernement CSV‑DP poursuit par ailleurs le programme de rachat public de logements en VEFA, lancé par l’ancien gouvernement DP-LSAP-Gréng. Dans une moindre mesure, la Ville de Luxembourg a elle aussi acquis des logements sur plan. Sans cette intervention publique, davantage de chantiers seraient certainement à l’arrêt. Selon le bilan du ministère du Logement, une douzaine d’actes ont été signés, ainsi que quelques réservations. Cela peut paraître peu, mais le nombre d’actes est ici moins important, puisqu’il s’agit d’actes portant sur des projets entiers, représentant au total près de 500 logements.
Les annonces du Premier ministre Luc Frieden, mardi dans son discours sur l’état de la nation, sont intéressantes dans ce contexte : l’enveloppe destinée à l’acquisition de logements abordables a été augmentée de 300 millions d’euros. Le ministère des Finances a précisé, à notre demande, que ce montant sera réparti sur quatre ans. Dans le fonds spécial correspondant, 375 millions d’euros étaient prévus pour l’année prochaine, mais seulement 310 millions pour l’année suivante.
Le Premier ministre a également annoncé qu’à l’avenir, l’État rachètera des logements individuels au sein de projets sur plan, car, comme il l'a dit, des projets restent bloqués faute de ventes suffisantes, souvent seulement 10 à 30 % des logements s'étant écoulés, ce qui ne suffit pas pour assurer le financement et lancer les chantiers. L’opérateur public SNHBM a certes exprimé des réserves et des questions quant à la mise en œuvre de cette mesure, mais le gouvernement réagit néanmoins à la situation difficile dans le secteur de la construction neuve. En bon français : "Mieux vaut tard que jamais".
Comme la confiance dans le secteur immobilier, et en particulier dans le neuf, n’est toujours pas revenue, Luc Frieden a également annoncé une meilleure protection avec la garantie d’achèvement, sans donner toutefois de détails. Le LSAP et Jean‑Paul Scheuren, vice-président de la Chambre immobilière, avaient déjà présenté plusieurs pistes, parmi lesquelles le paiement échelonné, et seulement lorsque les travaux ont effectivement été réalisés.