Pas seulement l'économieLes répercussions de la crise affectent aussi les finances publiques, selon le Statec

Annick Goerens
Lynn Cruchten
adapté pour RTL Infos
Le Statec a présenté mardi matin sa dernière note de conjoncture, finalisée juste à temps pour la tripartite prévue cet après-midi. Le directeur de l'institut, Tom Haas, a souligné combien il était "difficile de faire des prévisions" actuellement.
© Ken Fitzke

"Nous sommes dans une période où tout est très incertain et où il est difficile de faire des prévisions", a déclaré Tom Haas, directeur du Statec, mardi matin lors de la présentation de la dernière note de conjoncture, finalisée juste à temps pour la tripartite prévue mardi après-midi. La situation économique n’a guère évolué ces dernières semaines. Pour le moment, de manière assez surprenante, les marchés sont encore relativement optimistes, explique Tom Haas. Et ce, même si le scénario selon lequel le détroit d’Hormuz devait rouvrir fin mai, ne s’est pas concrétisé.

"D’un autre côté, les prix restent encore relativement bas. Cela signifie que les marchés restent optimistes quant à une solution rapide. Tant que c’est le cas, les impacts directs de cette crise énergétique restent encore relativement limités. Cela peut bien sûr changer à tout moment. Mais pour l’instant, nous ne sommes pas encore dans le scénario plus grave, où les prix exploseraient vraiment et où une récession serait également à envisager. Cela signifie que nous sommes quelque part entre les deux."

La crise pèse toutefois sur les finances publiques

Il s’agit véritablement d’une situation qui doit être réévaluée au jour le jour. Ce que montrent cependant les dernières estimations, c’est que cette crise a des répercussions notables, non seulement sur l’économie, mais aussi sur les finances publiques.

"Pendant des années, nous avons bénéficié de recettes publiques élevées, qui étaient encore en un certain sens les retombées positives des années précédentes, lorsque nous étions en phase de reprise et que nous enregistrions des recettes exceptionnellement élevées, notamment du côté des entreprises. Aujourd’hui, nous sommes toutefois dans une phase où nous ressentons plutôt les effets des dernières années, durant lesquelles l’économie avait déjà ralenti. En conséquence, nous avons évidemment moins de recettes, que ce soit du côté des entreprises ou dans d’autres catégories fiscales, ce que l’on constate également en raison des allégements fiscaux."

Au niveau de l’index, tous les scénarios sont possibles

En ce qui concerne l’index, après la tranche intervenue le 1er juin, tous les scénarios restent possibles.

"Si les prix restent bas, il peut effectivement s’écouler encore un an avant la prochaine tranche indiciaire. Mais, ce que nous avons déjà expliqué lors de la réunion préparatoire de la tripartite, c’est que le risque restera élevé durant la seconde moitié de l’année qu’une nouvelle tranche soit déclenchée à un moment donné si les prix venaient à augmenter. Cela signifie que l’on peut vraiment envisager tous les scénarios : une nouvelle tranche d’index dès cet été, ou avant la fin de l’année, donc cet hiver, voire seulement dans un an."

Marché du travail : "C’est quelque chose qui suscite des inquiétudes"

En ce qui concerne le marché du travail, la fin de l’année dernière avait pourtant montré des signaux positifs en matière de chômage.

"Tout dépend désormais de l’ampleur du choc économique. Cela signifie : dans quelle mesure le marché du travail va-t-il ralentir ? Et à quel point le chômage va-t-il finalement augmenter ? C’est similaire à la situation des prix. À ce stade, ce que nous observons n’est pas encore dramatique. Mais les effets indirects que nous pourrions constater dans les semaines à venir sont néanmoins préoccupants."

Comparée à la crise énergétique de 2022, la situation est moins grave : le prix du gaz est jusqu’à présent peu affecté et le prix du pétrole, après un pic, a de nouveau baissé, explique le directeur du Statec. Pour la tripartite de mardi après-midi, le Statec a par ailleurs élaboré des analyses supplémentaires concernant les finances publiques, les émissions et la perte de pouvoir d’achat des ménages.

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