
Même si les hôpitaux et les maisons de soins ont globalement bien géré la récente vague de chaleur, une chose est apparue clairement : des mesures sont indispensables, en particulier au niveau des infrastructures. Tel est le constat dressé par la ministre de la Santé, Martine Deprez, lors d’une interview accordée à RTL après les premiers débriefings avec les hôpitaux et la Direction de la santé.
"Là où nous ne sommes pas suffisamment bien préparés, c’est au niveau des locaux", a expliqué la ministre. "Nous sommes actuellement en train d’établir un inventaire." Les hôpitaux travaillent avec la Direction de la santé à l’élaboration d’une liste des besoins.
"En particulier dans les étages supérieurs des hôpitaux, là où les toitures ne sont pas correctement isolées ou bien où le soleil pénètre par les fenêtres, il faut installer des protections solaires et acquérir des systèmes de climatisation", a précisé Martine Deprez.
Pour le court terme, le ministère recherche actuellement des équipements mobiles qui, en fonction de leur disponibilité sur le marché, pourraient être installés avant la prochaine vague de chaleur. Parallèlement, chaque hôpital devra faire l’objet d’une évaluation à moyen et à long terme.
"Nous investirons les moyens financiers nécessaires afin que tant les patients que le personnel puissent fonctionner dans des conditions saines", promet la ministre. Le gouvernement s’appuiera à cet effet sur le plan national de résilience climatique, qui prévoit de mieux équiper les bâtiments publics face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Dans ce contexte, le budget nécessaire aux investissements est également disponible.
Ce ne sont pas seulement les hôpitaux qui sont concernés. Les maisons de retraite, les structures d’accueil pour réfugiés et les écoles sont désormais également au centre de l’attention. Selon la ministre de la Santé, le sujet a déjà été discuté au sein du conseil de gouvernement. Il faudra particulièrement examiner, dans les bâtiments plus anciens, quels équipements supplémentaires sont nécessaires.
En revanche, pour ce qui concerne les nouvelles constructions dans le secteur scolaire, la préparation est déjà nettement meilleure. Les communes, en collaboration avec l’État, y analysent quels locaux sont particulièrement sensibles à la chaleur.
Un autre grand défi pendant la canicule a été la protection des personnes sans abri. En collaboration avec le ministère de la Famille, les ASBL et les structures d’accueil pour sans-abri ont été rapidement mobilisées, souligne la ministre de la Santé. "Nous avons contacté toutes nos ASBL : pouvez-vous ouvrir plus longtemps ? Pouvez-vous mettre de l’eau à disposition ? Pouvez-vous identifier des endroits ombragés ?"
Pour la prochaine grande vague de chaleur, des horaires d’ouverture élargis sont d’ores et déjà envisagés.
Le gouvernement appelle également les communes à s'occuper plus activement des personnes vulnérables présentes sur leur territoire. À cet égard, il lance un appel afin que davantage de personnes s’inscrivent au plan canicule. Ce dispositif permet de contacter de manière ciblée les personnes vulnérables ou vivant seules en cas de vague de chaleur extrême.
Après la vague de chaleur, l’opposition a critiqué le fait qu’aucune cellule nationale de crise n’ait été convoquée. La ministre défend toutefois cette décision. Selon elle, la situation observée il y a un peu plus d’une semaine n’a jamais atteint le niveau d’une crise nationale.
"La communication au sein de la cellule existante a toujours fonctionné. Les risques ont été évalués. Nos hôpitaux n’ont jamais été surchargés. Nous avons toujours disposé d’un minimum de 200 lits libres", a précisé la ministre. Même si certains services d’urgence ont temporairement connu une activité plus soutenue, la prise en charge des patients a été assurée à tout moment.
Après la canicule, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait mis en garde contre d’éventuels décès supplémentaires liés à la chaleur. Au Luxembourg, les premières données semblent toutefois plutôt rassurantes.
"Les premières indications laissent penser que nous n’avons pas réellement eu de surmortalité", explique Martine Deprez. Il reste cependant à déterminer si la vague de chaleur a entraîné une hausse des hospitalisations. Des conclusions définitives ne pourront être tirées qu’au cours des prochaines semaines.