
La famille de Robert Frank chasse dans ce coin de la Moselle depuis très longtemps. Depuis 2021, l’État s'occupe du lot de chasse n° 620 et, comme aucune battue n’y est organisée, la population de sangliers a explosé. Selon ce propriétaire de chasse, les pièges ne constituent pas une solution. En revanche, il salue la proposition de l’Administration de la nature et des forêts d’élaborer ensemble une solution.
Ce n’est pas la première fois que Robert Frank s’irrite de l’absence de battues dans la zone des étangs Baggerweiere. Oui, il y a toujours eu beaucoup de sangliers à la Moselle, dit-il, mais jamais autant qu’aujourd’hui. Il qualifie la réserve naturelle "Haff Réimech" de "maternité pour les sangliers", car ceux-ci peuvent s’y installer sans être dérangés.
Sa famille chasse dans les environs depuis cinquante ans. Il affirme connaître parfaitement le terrain et nous montre ce qu’il appelle les "autoroutes" empruntées par les animaux à travers les terres des agriculteurs et des viticulteurs.
Pour ce responsable de chasse, les pièges constituent une mauvaise option. Il explique qu’il est, comme de nombreux autres chasseurs, confronté aux dégâts causés par le gibier aux exploitations agricoles, car l’État n’en fait pas assez, selon lui.
De 2021 à 2024, seules des études auraient été réalisées, sans qu’aucun animal ne soit abattu. En principe, l’installation de pièges dans une zone protégée est strictement interdite par la loi, explique le riverain. Il s'irrite du fait que les autorités le fassent désormais en s’appuyant sur la législation relative à la protection de la nature.
"Nous utilisons le piège comme complément à l’affût, c’est-à-dire au tir depuis un mirador", explique Marianne Jacobs, responsable de l’Administration de la nature et des forêts. Sur son lot de chasse, l’administration a recensé, depuis novembre 2024, 114 sangliers, dont certains ont été abattus et d’autres ont été capturés puis euthanasiés. De son côté, le chasseur riverain affirme en avoir compté 80 sur son propre territoire de chasse l'an dernier.
Lors de la première battue organisée à l’époque en face du Haff Réimech, ils n’avaient abattu que trois sangliers, malgré les "autoroutes" à travers vignobles et champs, selon Robert Frank. Il estime qu’à ce moment-là, environ 80 animaux se trouvaient encore cachés dans les roseaux. Selon lui, la réserve naturelle, avec ses zones d’eau, leur sert de climatisation naturelle.
Que faire maintenant pour obtenir un meilleur bilan ? Les deux parties ne contestent pas qu’il y a, et qu’il y avait, trop de sangliers dans la zone. Le riverain se réjouit également de la volonté de rechercher des solutions ensemble. Il regrette toutefois que, depuis avril, lorsque l’Administration de la nature et des forêts a proposé cette rencontre, il n’y ait eu aucune suite. Par ailleurs, le projet de réforme de la loi sur la chasse, qui doit être à nouveau modifiée, devrait être déposé à la Chambre des députés avant les vacances parlementaires. En attendant, personne ne souhaite pour l’instant communiquer officiellement des détails à ce sujet.