Anciens gendarmes, enquêteurs...Neuf personnes mises en examen dans l'affaire du "Bommeleeër"

Thomas Toussaint
La Justice vient d'annoncer la mise en examen de neuf individus récemment entendus dans le cadre de l'affaire du "Bommeleeër", la série d'attentats qui a frappé le Luxembourg dans les années 80.
© AFP

Toujours plongé dans l'affaire du "Bommeleeër", le juge d'instruction directeur de Luxembourg a entendu dix personnes entre depuis le mois de mai 2019. À la suite de ces interrogatoires, il a décidé d'en inculper neuf pour leur participation à la série d'attentats recensés au Luxembourg dans les années 80.

Cinq anciens dirigeants de la Gendarmerie grand-ducale ont été mis en cause "comme co-auteur/complice des attentats postérieurs à l’attentat du 19 octobre 1985 visant le Palais de justice à Luxembourg" écrit la Justice. C'est grâce à "leur protection, leur conseil et leur direction" qu'ont pu être menés les attentats du 9 novembre 1985, du 10 novembre 1985, du 30 novembre 1985, du 2 décembre 1985, du 16 février 1986 ainsi que du 25 mars 1986.

Ils sont notamment poursuivis pour tentative d'homicide, coups et blessures volontaires, incendie criminel, infraction à l’article 8 de la loi du 2 février 1924 concernant les distributions d'énergie électrique dans le Grand-Duché de Luxembourg, les infractions prévues aux articles 1, 4 et 28 de la loi modifiée du 15 mars 1983 sur les armes et munitions. Ils doivent également répondre de faux témoignage en matière criminelle et entrave à l’exercice de la justice pour des faits postérieurs au 10 juillet 2011.

Trois anciens enquêteurs de la Sûreté publique ont été mis en cause pour faux témoignage en matière criminelle en relation avec l’observation de Bernard Geiben à Bruxelles. Ce dernier n'a pas été inculpé.

Un ancien membre de la Brigade mobile de la gendarmerie a, pour sa part, été inculpé du chef de faux témoignage en matière criminelle. Cette mesure vise les déclarations de celui-ci en relation avec l’attentat aux casemates du plateau du Saint Esprit du 5 juillet 1985.

La Justice explique que l'équipe d'enquête en charge du dossier "Bommeleeër" a réalisé, sous la direction du juge d'instruction directeur, une "multitude de devoirs supplémentaires" et rédigé 103 rapports séparés, sans compter la rédaction de rapports de synthèse et de vérifications effectuées à l'étranger.

L'enquête et l'instruction se poursuivent. La Justice précise toutefois qu'il est "prématuré" d'envisager un renvoi de l'affaire devant une chambre criminelle ou un non-lieu de la chambre du conseil. Les personnes inculpées restent présumées innocentes tant que leur culpabilité n'aura pas été établie.

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