Nouvel échange de frappes Trump menace d'anéantir la République islamique d'Iran

AFP
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Les Etats-Unis et l'Iran ont échangé de nouvelles frappes samedi et dimanche, s'accusant mutuellement de violations de leur fragile cessez-le-feu signé le 17 juin, et le président américain Donald Trump a de nouveau menacé de repartir en guerre pour anéantir la République islamique.
© MIGUEL J. RODRIGUEZ CARRILLO/AFP

Ces nouvelles hostilités sont liées au contrôle du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par l'Iran pendant la guerre lancée contre lui le 28 février par Israël et les Etats-Unis. Le détroit a rouvert en vertu du protocole d'accord du 17 juin, mais l'Iran n'a autorisé qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire ne s'y conformant pas.

Samedi, l'aviation américaine a visé dix cibles, dont des "infrastructures de surveillance militaires iraniennes, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne, des installations de stockage de drones et des moyens de pose de mines", a écrit le Commandement central des Etats-Unis (Centcom) sur X.

Ces bombardements ont été décidés, selon le Centcom, en représailles à une attaque par un drone iranien d'un pétrolier battant pavillon panaméen, le M/T Kiku, qui transportait plus de deux millions de barils de pétrole brut à travers le détroit.

Des médias iraniens ont fait état de plusieurs explosions dans les régions de Sirik et Qeshm, dans le sud du pays. Le Centcom a mis en ligne sur X une brève vidéo présentée comme celle du raid.

Dimanche à l'aube, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir lancé en représailles des missiles et des drones vers le Koweït et le Bahreïn.

Les Gardiens "ont détruit huit infrastructures importantes de l'armée américaine sur la base Ali al-Salem au Koweït et à la base de la Cinquième flotte navale à Port Salman au Bahreïn", ont-ils affirmé dans un communiqué.

"Toute agression ennemie, quel qu'en soit le prétexte, même contre des cibles insignifiantes (...) recevra une riposte implacable", ont-ils averti.

Un portrait de l'actuel guide suprême iranien Mojtaba Khameneï, et de l'ancien Ali Khamenei, le 26 juin 2026 pendant une procession chiite à Beyrouth
Un portrait de l'actuel guide suprême iranien Mojtaba Khameneï, et de l'ancien Ali Khamenei, le 26 juin 2026 pendant une procession chiite à Beyrouth
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L'armée du Koweït a confirmé être en train de repousser "des attaques menées par des missiles et drones hostiles". Au Bahreïn, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti à deux reprises durant la nuit, et les autorités ont demandé à la population de se mettre à l'abri.

Les Etats-Unis avaient déjà mené vendredi leurs premières frappes connues contre l'Iran depuis la signature le 17 juin d'un protocole d'accord entre les deux pays, qui a instauré un cessez-le-feu et ouvert une période de négociations pour une paix durable. L'armée américaine avait dit avoir agi, là aussi, en représailles à l'attaque d'un cargo par un drone dans le détroit d'Ormuz.

Menace d'anéantissement

Téhéran avait dénoncé "une violation flagrante" du cessez-le-feu et riposté en attaquant des cibles américaines dans le Golfe.

Dans leur communiqué, les Gardiens ont souligné dimanche que "des dispositions ont été prises pour contrôler le trafic dans le détroit d'Ormuz avec la République islamique".

Le président américain Donald Trump quitte la Maison Blanche pour son golf de Virginie, le 27 juin 2026
Le président américain Donald Trump quitte la Maison Blanche pour son golf de Virginie, le 27 juin 2026
© AFP

"Désormais, les navires contrevenants seront traités avec une fermeté accrue", ont-ils prévenu.

Jeudi, les Gardiens avaient mis en garde contre toute traversée du détroit sans leur autorisation et menacé les navires n'obtempérant pas, après l'annonce par Oman, situé sur l'autre rive, d'un autre itinéraire.

L'Iran a "violé, ENCORE UNE FOIS, l'accord de cessez-le-feu!", a accusé samedi soir M. Trump sur son réseau Truth Social.

"Il se peut qu'un jour, nous ne puissions plus faire preuve de raison et que nous soyons contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée. Si cela se produit, la République islamique d'Iran cessera d'exister!", a-t-il ajouté.

Le Centcom a affirmé que "le trafic de navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz se poursuit" malgré les nouvelles frappes.

Des partisans du Hezbollah pro-iranien bloquent une route menant vers l'aéroport de Beyrouth pour protester contre l'accord entre Israël et le Liban, le 27 juin 2026
Des partisans du Hezbollah pro-iranien bloquent une route menant vers l'aéroport de Beyrouth pour protester contre l'accord entre Israël et le Liban, le 27 juin 2026
© AFP

"Grave erreur"

Avant la guerre, 20% du commerce mondial d'hydrocarbures transitait par le détroit d'Ormuz, large d'une trentaine de kilomètres entre l'Iran et la Péninsule arabique.

Sur l'autre front du conflit, le chef du Hezbollah pro-iranien a qualifié samedi de "grave erreur" l'accord-cadre visant à une "paix durable" signé la veille par le Liban et Israël.

Ce texte "est humiliant, honteux, et représente un abandon de souveraineté", a fustigé Naïm Qassem, accusant les autorités libanaises de "légitimer la poursuite de l'occupation" israélienne. 

Et Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban, faisant un mort selon le ministère libanais de la Santé.

Le président libanais Joseph Aoun s'est entretenu samedi au téléphone avec Donald Trump et lui a affirmé que l'Etat libanais "assumerait ses responsabilités" dans la mise en œuvre de l'accord. 

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé un "séjour prolongé" de l'armée chez son voisin, soulignant que l'accord-cadre conditionnait un retrait israélien au désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.

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