De l'air plus frais arrive par l'ouestLes Français commencent à souffler, les hôpitaux s'accrochent encore

AFP
La France retrouve dimanche des températures plus respirables après 11 jours de canicule historique et d'importants orages, mais l'effet à retardement de la chaleur sur les organismes maintient les hôpitaux sous forte tension et fait craindre une forte surmortalité.
Un homme prend une douche sur la plage, le long de la "Promenade des Anglais", à Nice, sur la Côte d'Azur, le 26 juin 2026
Un homme prend une douche sur la plage, le long de la "Promenade des Anglais", à Nice, sur la Côte d'Azur, le 26 juin 2026
© AFP

La vigilance rouge ne concerne plus que le Haut et le Bas-Rhin, avec une levée prévue pour 22h00. Au pic de l'épisode, jeudi, 72 départements étaient au niveau d'alerte maximal.

Lundi, la moitié ouest du pays doit repasser en vigilance verte canicule, selon Météo-France. L'Ile-de-France, l'Alsace, dix départements de l'Est/Sud-Est et la Corse sont eux toujours annoncés en alerte orange.

"L'air le plus chaud va progressivement se décaler vers l'est du pays ; de l'air plus frais progresse par l'ouest et le nord-ouest", explique le prévisionniste dans son bulletin de 6h00.

Un soulagement pour les millions de Français éprouvés par ce long tunnel de nuits tropicales, durant lesquelles la température ne descend pas sous 20°C. "Quatre à cinq heures de sommeil alors qu'il me faut six à sept heures... On tire sur la corde", confie Nelly Koebel, 37 ans, dans le centre de Strasbourg.

Une personne se rafraîchit avec des brumisateurs, le 21 juin 2026 à Bordeaux
Une personne se rafraîchit avec des brumisateurs, le 21 juin 2026 à Bordeaux
© AFP/Archives

La baisse des températures - qui pourront toutefois avoisiner voire dépasser les 30°C à Paris et à Marseille - s'est accompagnée samedi soir de forts orages sur plusieurs régions, avec de "très fortes rafales de vent", une "activité électrique marquée" et des chutes de "grêle moyenne à grosse", selon Météo-France.

Ces risques orageux perdureront au moins jusque dans la nuit.

Une grande partie de l'Europe reste sous l'effet de cette vague de chaleur, phénomène intensifié par le changement climatique, principalement causé par la combustion des énergies fossiles. Des records absolus de température ont été atteints samedi en Allemagne, au Danemark et en Tchéquie.

Si la canicule "recule" en France, ses effets sanitaires "restent devant nous" pendant "plusieurs jours", ont prévenu samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Les cas de "déshydratations", "décompensations" de maladies chroniques et les "hospitalisations différées" vont rester à un niveau élevé pendant plusieurs jours, a averti Matignon.

L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a évoqué une activité des urgences "exceptionnellement élevée" depuis la fin de la semaine.

Samedi, les passages aux urgences ont été 36% plus élevés que lors d'une journée normale, avec un "nombre toujours élevé d'arrêts cardiaques".

En Moselle comme en Ile-de-France, le plan blanc d'urgence sanitaire a été déclenché, l'adjoint au maire de la capitale chargé de la Santé Antoine Alibert évoquant une "saturation exceptionnelle" des établissements parisiens.

Le spectre de 2003

Si le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel, a dit s'attendre à un nombre de morts "assez faible" grâce aux progrès dans la prise en charge depuis 2003, Matignon fait état "une hausse du nombre de décès, principalement à domicile".

Une personne âgée à Bordeaux, le 17 juin 2026
Une personne âgée à Bordeaux, le 17 juin 2026
© AFP/Archives

Dans les funérariums, on constate depuis la fin de la semaine "une saturation des chambres funéraires, avec une grande disparité selon les régions", expliquait samedi Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire (FNF).

A Paris, les deux funérariums intra-muros "n'ont plus de capacité d'accueil" et ont dû se reporter sur ceux de la petite couronne, a affirmé à l'AFP la déléguée générale de la FNF Elisabeth Charrier.

Toutefois, "il est un peu tôt pour parler de solutions de gestion de crise avec des conditions telles que Rungis pour la canicule de 2003", qui avait fortement marqué les esprits, a ajouté Gautier Caton.

Pour Météo-France, "cet épisode exceptionnel" de chaleur "dépasse celui d'août 2003 en termes d'intensité et est équivalent en termes de durée".

Une personne se rafraîchit avec une bouteille d'eau glacée, à Paris, le 21 juin 2026
Une personne se rafraîchit avec une bouteille d'eau glacée, à Paris, le 21 juin 2026
© AFP/Archives

La canicule de 2003 avait causé quelque 15.000 morts, mettant en évidence l'inadaptation de nombreux établissements hospitaliers et Ehpad. Pendant l'été 2025, la chaleur a fait 5.700 morts, selon Santé Publique France.

Pour éviter d'engorger davantage les urgences, 64 arrêtés d'interdictions d'événements sportifs ont été pris, et 14 pour des événements culturels, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Conséquence indirecte de la canicule: les noyades se multiplient, avec 74 décès recensés depuis le 18 juin, de même source.

Dans ce contexte, de nombreux consommateurs ont fui les magasins et les soldes d'été connaissent depuis mercredi "un démarrage considérablement ralenti par la canicule", selon le ministre du Commerce Serge Papin, qui a décidé, avec Sébastien Lecornu, de les prolonger "de l'ordre d'une semaine".

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