
Martine Deprez rejette les accusations d'hypocrisie. Elle maintient les groupes de travail réunissant les acteurs du secteur de la santé et souligne que le système de santé conventionné n'est aucunement remis en question.
Mercredi matin sur RTL Radio, Chris Roller, président de l'AMMD, avait notamment critiqué le fait que ces groupes de travail serait une perte de temps et que de l'autre côté, il n'existerait aucune véritable volonté de dialogue. Pour la ministre, il faut toutefois faire une distinction entre les groupes de travail et la convention conclue entre la Caisse nationale de Santé et les médecins.
"Nous nous sommes mis d'accord pour poursuivre ces groupes de travail", explique Martine Deprez. Depuis janvier, ces groupes travaillent sur des thèmes tels que l'accès au système de santé, les délais d'attente et l'organisation des services d'urgence. Un état des lieux a été réalisé mercredi afin d'évaluer l'avancement des différents dossiers. À la critique selon laquelle du temps aurait été perdu, elle répond qu'il s'agit d'"une question d'appréciation". Selon elle, un travail substantiel a déjà été accompli au sein des différents groupes et celui-ci doit désormais se poursuivre.
Alors que le gouvernement a repris dans un règlement grand-ducal les dispositions de la convention échue, la question se pose de savoir si une nouvelle convention est encore nécessaire.
Pour la ministre, la réponse est claire : une convention reste un instrument important. Elle permet de procéder à des ajustements "relativement rapidement" en cas de problèmes entre la CNS et les médecins. À l'inverse, un règlement grand-ducal doit suivre une longue procédure législative.
Dans le même temps, Martine Deprez tient à rassurer les patients. "Pour le patient, rien ne change", souligne la ministre. Les éléments obligatoires de la convention ont été repris dans le règlement grand-ducal, de sorte que les remboursements continueront également à fonctionner.
Elle rejette aussi les accusations de manquement à la parole donnée. Selon elle, l'accord de coalition stipule que "la médecine conventionnée sera maintenue". Le gouvernement souhaite toutefois améliorer davantage le système, notamment en ce qui concerne les délais d'attente et la prise en charge des patients par le système de santé.
Un autre point de discorde demeure la question des honoraires médicaux en première classe à l'hôpital. Le LSAP a regretté que le gouvernement ait manqué l'occasion de supprimer ces tarifs plus élevés dans le nouveau règlement grand-ducal.
Martine Deprez affirme toutefois que cela "n'était pas l'objet" de la démarche. Selon elle, la mission consistait à transposer la convention dans un règlement grand-ducal, sans renégocier certaines dispositions particulières. Elle souligne également que le débat sur ces tarifs n'est pas nouveau. Elle rappelle qu'il existe depuis l'introduction des gardes et astreintes et qu'il aurait aussi pu être soulevé au cours des années précédentes.
Malgré la prévision pessimiste du président de l'AMMD, selon laquelle il n'y aurait plus jamais "une telle convention", la ministre reste optimiste. D'après le Code de la Sécurité sociale, les prestataires de soins sont tenus de négocier une convention avec la CNS. Elle espère qu'à l'issue des réformes élaborées dans les groupes de travail, "une convention pourra peut-être à nouveau être signée."