Femme de ménage licenciée à l'ambassadeL'OGBL lance une action en justice contre le Portugal

Thomas Toussaint
Face à ce qu'il considère comme le "licenciement abusif" d'une femme de ménage de l'ambassade lusitanienne à Luxembourg, l'OGBL a annoncé son intention de "déclencher une action en justice" contre l'État portugais.
Photo d'illustration - L'OGBL va soutenir une de ses membres face à l'État portugais, qu'ils accusent de
Photo d'illustration - L'OGBL va soutenir une de ses membres face à l'État portugais, qu'ils accusent de
© PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

L'OGBL va "déclencher une action en justice" contre l'État portugais. Le syndicat entame une démarche particulièrement forte contre le pays après le licenciement, qu'il qualifie d'"abusif", d'une femme de ménage qui travaillait à l'ambassade du Portugal depuis 1993.

D'après l'OGBL, l'employée n'avait "aucun contrat de travail écrit" et travaillait "pour une rémunération inférieure au salaire minimum luxembourgeois". Son salaire n'avait d'ailleurs plus été indexé depuis 2010. Malgré les demandes répétées de l'OGBL auprès de l'ambassade, du ministère des Affaires étrangères portugais et de l'ambassadeur lui-même, la situation de l'employée n'a pas été régularisée.

En lieu et place d'un contrat luxembourgeois, une proposition de contrat "lui attribuant le statut de fonctionnaire de l'État portugais" lui a été faite en décembre 2018. Il lui était alors demandé de renoncer à certains acquis (pas de reprise de son ancienneté, pas d'indexation, jusqu'à 44h de travail par semaine...). "Il lui a été également précisé que si elle devait refuser de signer ce contrat, elle ne serait plus salariée auprès de l'ambassade à compter du 1er janvier 2019" assène encore l'OGBL.

L'ambassade du Portugal à Luxembourg-ville.
L'ambassade du Portugal à Luxembourg-ville.
© Olidom Multimedia

La femme de ménage, syndiquée auprès de l'OGBL, n'a pas signé ce contrat avant la fin de l'année. Le syndicat affirme alors que les menaces de l'ambassade ont été mises à exécution: les 2, 3 et 4 janvier, l'employée a tenté de retourner à son travail mais l'accès à l'ambassade lui a été refusé, "sans respecter aucun des modes de résiliation du contrat de travail prévus par la législation luxembourgeoise".

"Il ne s’agit, ni plus ni moins, que d’une rupture du contrat de travail réalisée en dehors de tout mode de résiliation prévu par le Code du travail luxembourgeois et qui ne peut être qualifiée que de licenciement abusif ab initio émanant d’une autorité publique, pourtant chargée de la défense de ses ressortissants." conclut le syndicat, qui va soutenir sa membre dans ses actions en justice contre l'État portugais.

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