
Il n'y a qu'à voir les terrasses pour comprendre que le secteur de la restauration a repris du poil de la bête. Une impression confirmée par le secrétaire général de l'Horesca, François Koepp.
"On s'est bien repris [depuis le début de la pandémie], la saison [estivale] sera bonne", déclare-t-il d'emblée. Il assure que les chiffres les plus récents se rapprochent de ceux de l'année 2019 "qui avait été exceptionnelle" (-3%).
Et si "les affaires sont bonnes", François Koepp reconnaît que les aides étatiques ont joué un rôle important dans le redressement de situation du secteur. Il va même jusqu'à affirmer que certains "se sont refaits une santé" grâce à ces aides.
Très affecté par la pandémie, le secteur de l'Horeca semble enfin avoir trouvé son second souffle. Une bonne nouvelle pour la restauration et l'hôtellerie mais aussi pour la vie sociale du pays. Malheureusement, tout n'est pas rose dans la vie des restaurateurs.
En effet, le secteur se confronte actuellement à un problème qu'il ne connaît que trop bien: le manque de personnel. "C'est un problème depuis les années 70", affirme le secrétaire général tout en admettant que la situation "a empiré" depuis le début de la pandémie.
Le Covid-19 a laissé des traces. D'après François Koepp, le secteur de la restauration et de l'hôtellerie a perdu près de 2.000 salariés depuis la pandémie. La faute, d'après lui, à un pays qui a perdu en attractivité. "Certains ont changé de profession" tandis que d'autres ont tout bonnement "quitté le Luxembourg" explique le représentant de l'Horesca.
"La vie est devenue beaucoup trop chère" martèle François Koepp. Il évoque notamment le prix des loyers, des carburants et "des aliments". En ajoutant à cela l'augmentation des salaires dans les pays limitrophes et le facteur "bouchons" sur les routes, nombreux sont les frontaliers qui ont remis en question l'intérêt de venir travailler au Luxembourg.
Mais le secteur est-il pour autant en péril? Pas d'après François Koepp qui voit plusieurs solutions "évidentes". Pour le représentant de l'Horesca, beaucoup de problèmes pourraient être réglés en aménageant le temps de travail des salariés du secteur.
"Il faut flexibiliser la manière de travailleren permettant aux entreprises de s'arranger avec leurs salariés", commente-t-il. François Koepp prend l'exemple d'une semaine de 4 jours travaillés au lieu de 5, ce qui permettrait aux travailleurs de "passer plus de temps en famille et moins de temps sur la route".
Il admet cependant que ce genre d'arrangement n'est pas à la portée de tous les établissements. "Les petites entreprises auraient du mal à effectuer leur 'turn-over'", consent-il. Mais en règle générale, le représentant de l'Horesca est d'avis qu'il faut permettre aux salariés et aux entreprises de trouver un emploi du temps qui convient à tout le monde.
Pour ce faire, "il faudrait repenser une grande partie des réglementations" en place d'après M. Koepp. Dans ce contexte, il insiste sur le fait que les décisions concernant la restauration et l'hôtellerie doivent être prises en concertation avec les professionnels du secteur.
En attendant, de nombreux établissements abordent la saison estivale en sous-effectif. À savoir que l'Adem recensait 950 postes vacants dans la restauration et l'hébergement au 31 mai 2022. Cela représente une augmentation de 101,1% sur un an. De quoi donner une idée de l'ampleur du problème...