Procès pour violL'ex-épouse dit ne pas avoir su ce qu'était le "sexe normal"

RTL Infos
Un ressortissant irakien âgé de 56 ans comparaît depuis mardi devant le tribunal d'arrondissement de Luxembourg pour coups et blessures et viol à l'encontre de son ex-femme.

L’accusé et son épouse sont arrivés d’Irak au Luxembourg en novembre 2008. A l’époque déjà, le mari était violent à l’égard de sa femme. Cette dernière étant enceinte, l’époux avait décidé qu’elle devait l’accompagner au Luxembourg. Elle travaillait alors comme institutrice. Elle n’a pas compris la raison pour laquelle le couple avait dû partir.

Au début, le couple habitait au Foyer Don Bosco. L’épouse a déclaré que même là, son mari la battait au moins trois fois par semaine. Souvent, il l’étranglait aussi et ensuite il la violait. Mais elle ne savait pas à qui s’adresser. Son époux la faisait vivre dans un isolement total et elle ne comprenait pas les langues parlées au Luxembourg. C’est seulement grâce à Youtube qu’elle a découvert que ce n’était pas du “sexe normal”.

L’expert en psychologie a qualifié les déclarations de la victime de crédibles lors de son expertise. “Elle ne savait pas que c’était un viol, car elle vient d’un contexte culturel où c’est accepté”, a estimé l’expert. Cela pourrait aussi expliquer pourquoi elle n’avait pas directement porté plainte pour viol, mais pour violences physiques. En plus, la femme avait peur de son mari et pour ses enfants.

L’accusé nie les faits

“Jamais de ma vie je n’ai battu ma femme”, a expliqué l’accusé dans sa langue natale. Un traducteur traduisait ses déclarations en français. Le juge a cependant fait remarquer à l’homme qu’il avait déjà été condamné à deux reprises pour coups et blessures sur sa femme, sans avoir fait appel. Il n’était pas facile de suivre les explications de l’accusé, car il ne répondait presque jamais directement aux questions du juge, mais sautait du coq à l’âne. De toute manière, il n’a rien voulu savoir des accusations qui pesaient sur lui.

En français, son ex-épouse a raconté les agressions brutales et les viols de son mari à l’époque. Le juge a voulu savoir pourquoi une séparation était seulement intervenue en 2013, alors que l’homme avait déjà été condamné auparavant. “La famille m’a forcée à retourner auprès de lui”, a indiqué la femme. Son ex-mari avait également menacé de mort sa sœur en Irak. En plus, elle avait peur de lui.

Mais le couple est divorcé depuis 2017. L’homme, qui ne travaille pas, apparaît sans cesse devant l’appartement de la femme, sans avoir un droit de visite pour les enfants. Même après la séparation, il a encore commis des actes de violence sur son ex-femme: une fois sur un parking devant son appartement et une fois dans un parc, où il l’a battue. Il n’a toutefois jamais été violent vis-à-vis de ses enfants, a indiqué son ex-conjointe. La décision de la séparation avait été prise lorsque la fille avait constaté les violences à l’encontre de sa mère.

D’autres fois, l’accusé avait menacé son ex-épouse de mort. Une fois, il avait dit à la fille qu’il allait tuer la mère avec un couteau. Une autre fois, en 2020, devant l’habitation de son ex-femme, il avait dit à la mère et à la fille qu’il les tueraient. Les enfants sont aujourd’hui âgés de 15 et 16 ans. Lorsque le juge a demandé à l’accusé pourquoi il ne retournait pas en Irak, celui-ci a répondu “à cause de mes enfants”.

Deux versions différentes de l’histoire

En tout cas, il m’a pris pour un idiot”, a déclaré l’expert psychiatre devant le juge. Après avoir fait son expertise en 2022, il avait remarqué qu’il en avait déjà fait une en 2020, où il s’agissait du droit de garde des enfants du couple. Une fois, l’homme avait essayé de se présenter d’une manière aussi normale que possible. Dans cette histoire, lui et sa femme se connaissaient depuis longtemps en Irak et s’étaient mariés par amour. Cependant, sa femme avait eu des problèmes psychologiques et il avait pensé qu’elle serait mieux dans un environnement différent. Il venait lui-même d’une famille aisée en Irak. Dans la version ultérieure, sa femme et lui avaient fui l’Irak parce que la femme était tombée enceinte et qu’ils n’étaient pas mariés. Ce n’était pas possible en Irak. Il avait également été soldat dans la guerre Iran-Irak et en était sorti traumatisé.

L’expert a terminé son expertise en concluant que l’accusé ne souffrait pas d’une maladie psychique aiguë. Le mensonge n’est pas une maladie psychiatrique en soi. Un traitement lui semble difficile, l’accusé niant tout.

Le procès se poursuivra mercredi.

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