
Avec les progrès fulgurants de la technologie, mais aussi pour des raisons écologiques, la voiture individuelle opère sa mue depuis quelques années déjà.
L’Europe voulait que plus une seule voiture thermique neuve ne soit vendue à partir de 2035. C’était une mesure emblématique du grand “Pacte vert européen”, pour aider l’UE à tenir son engagement d’atteindre la neutralité carbone en 2050.
Face à la crise que traverse le secteur automobile en Europe, l’Union européenne a renoncé à imposer aux constructeurs de véhicules de passer au tout-électrique à partir de 2035. Ils pourront donc continuer de vendre des véhicules faisant appel à toutes les technologies disponibles, y compris les moteurs à combustion ou hybrides, mais de manière limitée.
Les constructeurs devront en effet respecter une série de conditions strictes, qui visent à garantir, comme prévu initialement, une décarbonation à 100% du parc européen de véhicules neufs en 2035:
- les constructeurs devront réduire d’au moins 90% les émissions de CO2 de leurs véhicules neufs par rapport à leurs niveaux de 2021;
- les 10% d’émissions restantes devront être pleinement compensées en amont, via un système de crédits;

Malgré ce recul de Bruxelles, les bons vieux diesels et les moteurs à essence purs semblent condamnés. D’ailleurs les acheteurs de voitures neuves en Europe ont déjà délaissé ces modèles au profit des hybrides en 2025, avec aussi un bond de presque 30% des tout-électriques. Et certains constructeurs visent l’arrêt des voitures thermiques en Europe à brève échéance. Dans son plan stratégique, le groupe Renault annonce “100% de ventes électrifiées, électriques ou hybrides” d’ici 2030.
Une chose est sûre, les voitures seront plus connectées et plus autonomes. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’elles vont rouler toutes seules. Le système de conduite autonome supervisée de Tesla a été autorisé aux Pays-Bas, une grande première dans un pays européen, mais il ne permet pas de rouler de manière réellement autonome puis qu’il doit être utilisé sous la supervision d’un conducteur.

D’ailleurs les aides à la conduite trop sophistiquées, où le conducteur laisse sa voiture conduire toute seule, font encore peur. Faute de demande des clients, Mercedes et BMW, pionniers en Europe des aides à la conduite “de niveau 3", qui permettent au conducteur de lâcher la route des yeux pendant que sa voiture prend les commandes, les retireront des quelques modèles haut de gamme qui les proposaient.
Les aides à la conduite, ou ADAS, sont classées par niveaux d’autonomie: le niveau 1 est en quelque sorte “sans les pieds” (la voiture sait freiner seule en cas d’obstacle), le niveau 2 “sans les mains” (on lâche le volant), le niveau 3 “sans les yeux” (on regarder ailleurs que la route) et les niveaux 4 et plus sont “sans conducteur”.
BMW a annoncé abandonner les aides de niveau 3 de ses Série 7 et des modèles basés sur sa nouvelle plateforme “Neue Klasse”. Mercedes a ôté l’option sur les nouvelles versions de sa Classe S. Avant eux, le groupe Stellantis a décidé en octobre d’arrêter le développement des systèmes de niveau 3.
Premier obstacle, un surcoût - parfois plus de 6.000€ - jugé trop cher pour un usage peu fréquent. La législation européenne est aussi un frein : les aides de niveau 3 nécessitent un lourd processus d’homologation pays par pays.
Au volant, lâcher le pouvoir ne va pas de soi : une enquête du Boston Consulting Group pour le groupe Bosch auprès de 3.000 acheteurs de voitures neuves montre que quatre sur dix se plaignent d’interventions superflues des aides à la conduite et que 7% les désactivent. Les Européens, pour qui les voitures autonomes restent futuristes, sont les plus méfiants. La voiture qui se conduit seule, voire par la pensée reste donc un rêve futuriste.
Autre frein pour un constructeur, en niveau 3, c’est lui qui est jugé responsable, en cas d’accident si l’aide à la conduite est activée, et non le conducteur.
Et aujourd’hui, nos voitures sont déjà bardées de capteurs, d’aide à la conduite et de systèmes d’infodivertissement ressemblant à des ordinateurs.
Nos voitures seront électriques ou électrifiées demain, c’est l’avis de tous les spécialistes. L’accent sera mis sur l’amélioration des batteries, avec l’émergence de technologies comme les batteries solides pour une meilleure autonomie. Les batteries solides pourraient également rendre les voitures plus légères en raison de leur densité énergétique accrue. Et donc augmenter considérablement l’autonomie, puisqu’on parle de 1.500 km avec une seule charge.
Malgré quelques projets encore à l’essai, la voiture solaire n’est pas pour tout de suite.

Seule la firme californienne Aptera poursuit son projet de véhicule entièrement solaire de série : un drôle d’engin 2 places à 3 roues.
Certains constructeurs comme Mercedes se penchent sur une solution alternative pour utiliser l’énergie gratuite du soleil. Avec sa peinture composée de nanoparticules capable de capter les rayons solaires, le constructeur allemand veut transformer la carrosserie entière en panneau photovoltaïque!
Mercedes affirme qu’avec une surface de 11 mètres carrés (soit l’équivalent de la surface d’un SUV de taille moyenne) on pourrait produire de l’énergie jusqu’à 12.000 kilomètres par an dans des conditions idéales. Les cellules solaires ont un rendement élevé de 20 % et produisent de l’énergie en continu, même lorsque le véhicule est éteint.

Cette peinture “magique” a été testée sur son splendide concept car baptisé Vision Iconic qui allie design futuriste et hommage au passé.
D’autres technologies prometteuses sont à l’étude comme la recharge à induction et les bornes mégawatt permettant des recharges plus simples et ultra-rapides.
Enfin l’hydrogène, encore marginal aujourd’hui, pourrait trouver sa place sur le marché du luxe, pour les longs trajets ou les flottes professionnelles.
En 2036, l’automobile sera un objet numérique. Grâce à l’intelligence artificielle, elle analysera en temps réel l’environnement, le trafic, la météo ou encore le style de conduite de son propriétaire. L’assistance à la conduite, déjà très présente, deviendra la norme : maintien automatique dans la voie, anticipation des dangers, freinage d’urgence quasi instantané.
Dans dix ans, l’intérieur pourrait ressembler davantage à un salon roulant : sièges pivotants, écrans panoramiques, éclairage d’ambiance personnalisable, commandes vocales omniprésentes.
À l’extérieur, les lignes évolueront vers plus d’aérodynamisme afin d’optimiser l’autonomie. Les véhicules seront souvent plus légers, grâce à de nouveaux matériaux composites et recyclés. L’époque du cuir et du chrome à outrance touche à sa fin : place aux textiles durables, aux plastiques recyclés et aux matériaux biosourcés.
Certaines marques explorent des concepts radicaux : carrosseries intelligentes capables de modifier leur apparence, comme Audi avec son étrange “Skysphere”.
D’ici dix ans (vers 2035-2036), les voitures volantes, ou VTOL (aéronefs à décollage et atterrissage verticaux), devraient être une réalité concrète, principalement sous forme de taxis aériens autonomes dans les grandes métropoles. Dubaï s’est dotée de sa première station de taxis volants, dont les opérations commerciales devrait démarrer d’ici la fin de cette année.

Les voitures électriques volants à décollage et à atterrissage vertical (eVTOL) ne sont plus un rêve futuristes mais une réalité. Et c’est en Chine que l’industrie de la voiture volante décolle.
Pékin veut montrer son avance dans la jungle des eVTOL, où elle est en compétition directe avec les acteurs américains, alors que les Européens sont à la peine.
L’autre changement majeur attendu dans les années qui viennent : notre rapport à la voiture. Dans dix ans, surtout en ville, la possession individuelle reculera au profit de la mobilité à la demande. Abonnements multi‑services, autopartage, flottes de véhicules autonomes accessibles via smartphone… La voiture deviendra un service plutôt qu’un bien.
Si certaines de ces innovations peuvent sembler futuristes, beaucoup sont déjà en développement ou en phase de test. Dans dix ans, la voiture ne sera donc plus seulement un moyen de transport. Elle sera intelligente, électrique, autonome, connectée et plus respectueuse de l’environnement. Et cette révolution dans l’automobile est déjà en route.