
Construit il y a environ 180 ans comme bâtiment administratif pour les douanes, le "Café Waldhaff", comme son nom l’indique, a ensuite été exploité comme café puis comme restaurant. Cependant, cela fait déjà huit ans qu’il a fermé ses portes. Depuis lors, le propriétaire a certes changé, mais rien n’a encore été fait au bâtiment lui-même. Et il faudra probablement encore patienter quelque temps avant que le Waldhaff ne retrouve une nouvelle vie.
Depuis 2023, le bâtiment et le terrain appartiennent à la commune de Niederanven. Auparavant, ils étaient la propriété de l’État, mais celui-ci et la commune se sont accordés pour échanger l’ancien café-restaurant contre un autre terrain sur lequel a été construit le nouveau commissariat de police. Avant que le Waldhaff ne redevienne une taverne fréquentée, il faudra que le bâtiment soit d’abord rénové, comme l’explique le bourgmestre de Niederanven, Fred Ternes : "Il y a d'abord l'ascenseur que nous souhaiterions installer afin que le bâtiment soit accessible à tous sur les trois niveaux qu’il comporte actuellement. Et l’autre aspect concerne l’arrière du bâtiment : aujourd’hui, les lignes sont quelque peu bizarres quant à la forme de l’enveloppe du bâtiment. Nous aimerions les redresser, notamment pour des raisons énergétiques. Ce sont deux éléments qui ne peuvent actuellement pas être autorisés dans une zone verte." Cette situation devrait toutefois évoluer à l’avenir grâce à une nouvelle loi qui prévoit la création d’une catégorie spécifique de zones vertes, la zone verte bis. Dans cette future zone, les communes pourraient reclasser des constructions actuellement situées en zone verte et âgées d’au moins 20 ans. Cela permettrait aux propriétaires de modifier ou de transformer ces bâtiments jusqu'à un certain point. Une première version du projet de loi avait été présentée au milieu de l’année dernière, mais le Conseil d’État a émis une opposition formelle à l’ensemble du projet début 2026, estimant que les travaux autorisés sur ces bâtiments n’étaient pas définis avec suffisamment de précision. On ne sait pas encore quand une nouvelle version du texte sera présentée.
Un de ceux que cette situation dérange particulièrement est le célèbre chef cuisinier Tony Tintinger. Résidant dans la commune de Niederanven, il aimait fréquenter le Waldhaff et avait accompagné, en tant que conseiller, la transformation du bâtiment au milieu des années 1980. Selon lui, le gouvernement devrait enfin agir.
"La ministre des Travaux publics, avec le ministre de l’Environnement et le ministre des Affaires intérieures, devraient tous se réunir afin que ce projet avance. Il n’est tout de même pas normal qu’il faille encore attendre un an pour que le texte repasse devant le Conseil d’État et soit modifié. Sinon, nous perdrons encore cinq ou six ans. Et le bourgmestre est là, sans pouvoir rien faire, il ne peut pas franchir cet obstacle, parce qu'il y a là un ministre qui, surtout, ne fait pas avancer les choses."
Marc Hoscheid : "Vous faites référence à Monsieur Wilmes, n’est-ce pas ?"
Tony Tintinger : "Oui !"
Fred Ternes voit toutefois la situation avec un peu plus de sérénité. Certes, comme c’est souvent le cas au Luxembourg, les procédures prennent trop de temps, mais au final, tant un ministre qu'une commune doivent respecter les lois en vigueur au moment considéré.
Actuellement, la commune ne recherche pas encore d’exploitant. Elle préfère attendre le lancement des travaux de transformation, qui devraient coûter entre 4 et 5 millions d’euros.
"Cela n’aurait aucun sens de le faire dès maintenant. Sinon, on aurait déjà un exploitant et il faudrait ensuite se disputer avec lui jusqu’à l’achèvement du bâtiment. Pour l’instant, nous devons d’abord faire approuver le projet et franchir les obstacles qui subsistent. Une fois le projet approuvé et les travaux commencés, ce sera le bon moment pour associer suffisamment tôt un exploitant, afin de voir également comment adapter l’aménagement intérieur à ses besoins. Mais un exploitant devra lui aussi savoir qu’il pourra exploiter l’établissement dans deux ans."
Bien que des exploitants potentiels contactent déjà fréquemment la commune, celle-ci n’est actuellement pas en mesure de leur proposer une perspective concrète.
Concernant le futur exploitant, Tony Tintinger demande que la commune ne fixe pas un loyer trop élevé. Selon lui, l’établissement devrait redevenir un lieu où les personnes disposant d’un budget plus modeste pourraient également se retrouver, comme c’était déjà le cas autrefois