Harcèlement sexuel à Bettembourg"La stigmatisation des jeunes qui commettent de tels actes est extrêmement dangereuse"

Céline Eischen
adapté pour RTL Infos
Deux cas de harcèlement sexuel à Bettembourg ont suscité beaucoup de discussions il y a peu, principalement parce que l'auteur présumé n'est âgé que de 12 ans.

Les jeunes qui commettent de tels actes sont souvent eux-mêmes confrontés à des troubles mentaux et à des traumatismes qui les poussent à commettre de tels faits. Une prise en charge psychologique et médicale est nécessaire. Au Luxembourg, c'est l'ALUPSE, l'Association luxembourgeoise de pédiatrie sociale, qui assure ce type d'accompagnement.

Sophie Feller et le Docteur Jean Bottu interviewés par RTL
Sophie Feller et le Docteur Jean Bottu interviewés par RTL
© Céline Eischen

Grâce à une approche multidisciplinaire, l’ALUPSE encadre les familles avec de jeunes enfants ainsi que les enfants, depuis l’âge de nourrisson jusqu’à l’adolescence. En 2024, l’ALUPSE Cosmos a été créée pour prendre en charge les jeunes présentant des comportements sexuels problématiques, comme l'explique Sophie Feller, chargée de direction de l'ALUPSE:

"C'est un service spécialisé. Sa mission consiste à l'évaluation clinique et à la prise en charge thérapeutique de mineurs présentant des comportements sexuels inadaptés, de violences sexuelles, ou de violences graves physiques et/ou psychologiques." 

Avec des psychologues, des éducateurs et des pédiatres, l'ALUPSE essaie de comprendre pourquoi ces jeunes adoptent un tel comportement. Le pédiatre Jean Bottu explique qu'il est important de ne pas stigmatiser les auteurs mineurs de tels actes :

"En réalité, c'est un enfant, en général, qui est en grande souffrance. Et dans la majorité des cas il y a chez ces enfants la trace, quand on la cherche, de souffrances qu'ils ont subi eux-mêmes. Donc beaucoup d'enfants qui commettent ces actes qu'on va qualifier de répréhensibles en tant qu'adultes sont la manifestation de quelque chose qu'ils ont subi eux-mêmes auparavant." 

C'est la collaboration entre la justice et les équipes psycho-sociales qui est essentielle dans de tels cas. Des conséquences purement répressives à l'égard de ces jeunes seraient plutôt contre-productives. Il faut au contraire leur redonner les repères appropriés et nécessaires, notamment pour éviter qu'ils ne récidivent. L'éducation joue également un rôle important à cet égard. Cependant, le Docteur Bottu identifie aussi un autre problème majeur : les smartphones.

Le Docteur Jean Bottu : "Je pense aussi que c'est un instrument terrible pour l'ouverture au harcèlement, notamment le harcèlement sexuel, donc je crois que l'éducation de la population aux écrans est absolument indispensable et à commencer par les adultes. Parce que pour avoir des enfants sans écran il faut des adultes sans écrans." 

Depuis sa création en 2024, ALUPSE Cosmos a accompagné 250 mineurs ayant commis des infractions à caractère sexuel.

Vous trouverez davantage d'informations sur le travail de l'ALUPSE, dont le fonctionnement est financé par le biais d'une convention avec le ministère de la Santé, sur son site internet ALUPSE.lu

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