
Gaston Reinesch, le gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg (BCL) et membre du Conseil de la Banque centrale européenne (BCE), a expliqué le niveau des augmentations des taux d'intérêt dépendra de l'évolution de l'inflation mais également de l'économie dans l'Eurozone. "Le danger d'une stagnation ou même d'une récession ne diminue pas", selon lui.
Les intérêts que les particuliers doivent payer quand ils contractent un prêt par exemple, ou les intérêts qu'ils reçoivent lorsqu'ils déposent de l'argent, ont déjà augmenté, "et ce mouvement va continuer dans ce sens", selon Gaston Reinesch qui répète que "la BCE est mandatée pour assurer la stabilité des prix, et qu'une trop forte inflation a des répercussions néfastes sur les citoyens. Et si l'on a des revenus encore plus faibles, ces répercussions deviennent énormes".
La hausse des taux directeurs impacte différemment les pays européens, par exemple l'Italie risque de devoir payer davantage pour un crédit. C'est pour cette raison que la BCE a lancé un nouvel outil ce jeudi. Grâce au "Transmission Protection Instrument", la BCE peut intervenir de manière forcée sur les marchés en, le cas échéant, rachetant des dettes. Pour Gaston Reinesch, seule l'annonce de la création de ce nouvel outil devrait avoir un effet, il se dit confiant quant à l'utilisation de cet instrument, même massivement, afin d'atteindre l'objectif de la stabilité des prix dans l'Eurozone.
Le gouverneur de la BCL précise que cet outil sera utilisé si les États concernés respectent une discipline budgétaire, c'est à dire pas de déficits budgétaires ou dettes publiques excessifs. Il rappelle également que la BCE n'a pas le droit d'effectuer de financement monétaire.
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