
Quand les restrictions seront totalement levées, on retrouvera le nombre d'adhérents comme avant. On reste positif. "
Fin novembre 2020, les salles de sport ont en effet dû fermer leur porte une deuxième fois, face à la poussée fulgurante de contaminations au covid-19 engendrées par le variant Alpha. Début 2021, les salles ont pu rouvrir au Grand-Duché mais sous des conditions si strictes que plusieurs d'entre elles avaient décidé de rester fermées. Dans le pays, des centres de fitness ont disparu du paysage durant la crise.
"La chance qu'on a, c'est qu'on existe depuis 35 ans. On travaille en famille alors on s'est serré les coudes. On a évité la faillite grâce à notre réputation et nos abonnés les plus fidèles", estime Nedzad Drpljanin. "Ce qui nous a fait le plus de mal, c'est la succession de fermetures puis de réouvertures. Les gens ne croyaient plus en rien et préféraient attendre d'être sûr que l'on allait rester ouvert avant de revenir pour de bon. Cela a brisé le cycle des abonnements. Le télétravail et le covid check n'ont fait qu'empirer les choses."
Aujourd'hui demeurent encore quelques gestes barrières, comme le port du masque entre deux machines et du gel hydroalcoolique souvent mis à disposition à l'entrée. Les affiches rappelant les règles à respecter sont toujours scotchées aux murs.

Chez Keep Cool, une franchise française qui dispose d'une seule salle au Luxembourg - laquelle est également située dans le quartier gare - la crise a laissé un peu moins de traces que dans les salles indépendantes. Même si, ici, on est passé de 1.200 avant la pandémie à environ 800 adhérents.
"On a limité la casse. On est resté proche de nos adhérents, on les rassurait par téléphone et on a pu suspendre totalement les abonnements" explique ainsi Abdelkarim Ezzaitouni, le manager du club. Malgré les contraintes - "chaque personne était limitée à 2 heures de sport chez nous au début de l'année 2021" - puis une situation qui s'est tendue à nouveau avec l'apparition du variant Omicron à la fin de l'année et le Covid Check obligatoire, les abonnés sont revenus, certes en ordre dispersé, mais en respectant les règles mises en place. "Au Luxembourg, les gens sont assez disciplinés, il n'y a pas eu besoin de faire la police" souligne Abdelkarim Ezzaitouni.
La règle des 3G est toujours en vigueur (vaccination complète, preuve de guérison ou test PCR négatif) dans une salle qui est beaucoup plus vivante depuis début 2022. "Il y a plus de passage le midi et le soir et plus de monde dans les cours collectifs. Avant, ça nous arrivait d'annuler des cours, faute de participants. Ça n'arrive plus. Et puis, au sein du groupe Keep Cool, de nouvelles salles continuent d'ouvrir donc l'avenir s'annonce positif" s'enthousiasme t-il. La franchise a d'ailleurs profité de la crise pour développer son offre digitale, avec des cours vidéo (le TKC Training) et des conseils en nutrition.

D'autres en ont profité pour se lancer dans de grands travaux et enrichir leur offre au retour de leurs abonnés. C'est le cas au Loft, à Thionville, où le gérant Jonathan Pickel a notamment aménagé une salle d'électro-stimulation.
"Cela peut paraître incroyable de voir qu'on a continué à investir en pleine crise mais je voulais montrer que le club ne se laissait pas aller et restait en bonne santé. J'ai fait les travaux moi-même et je montrais le résultat sur les réseaux sociaux, ça a permis de maintenir le lien avec les adhérents" explique t-il.
Pour survivre, le responsable de ce club indépendant, situé dans la zone du Linkling, a prélevé le montant des abonnements un mois sur deux durant les dix mois de fermeture, au cumulé. "Ne faire qu'avec les aides de l'état était vraiment impossible, les charges du clubs sont plus élevées" souligne t-il. "Beaucoup d'adhérents se sont montrés solidaires".
Autant dire que Jonathan Pickel a senti l'épée de Damoclès au-dessus de sa tête, lui qui a utilisé toutes ses économies pour ouvrir son club en 2017. D'ailleurs, le covid a tout de même laissé quelques traces dans son club. Les cours de shiatsu ont disparu, ceux de boxe aussi. "Aujourd'hui dans notre société, se toucher est devenu compliqué. Plus personne ne se fait la bise, les gens gardent encore un peu d'appréhension. Alors on essaie de retrouver de la convivialité autrement."
Mais l'épée de Damoclès s'est volatilisée. "Depuis le début de l'année, je ne suis plus trop inquiet. Janvier a été notre meilleur mois depuis la création du club. Et février est aussi très bon. On est remonté de 10% par rapport aux 30% de la clientèle qu'on a perdus lors de la deuxième fermeture. Je pense qu'il y a un effet "après-covid". Les gens ont peu bougé pendant deux ans et on a l'impression qu'ils ont démarré l'année avec encore plus de résolutions qu'avant la pandémie."
Les salles de sports retrouvent ainsi la forme, autant que leurs adhérents !