
Le ministère de l'Education a lancé la semaine dernière une nouvelle campagne de sensibilisation et d'information intitulée "Exit Mobbing", qui s'adresse aux lycéens et à leurs parents. "S'il est de plus en plus question de mobbing ou harcèlement, il est cependant difficile de dire si le phénomène a vraiment progressé." Il n'y aurait "aucun chiffre significatif" qui permettrait de le faire, a dit Claire Russon jeudi sur RTL. La psychologue de formation est attachée à la direction auprès du ministère de l'Education et responsable du CePAS, le Centre psychosocial et d‘accompagnement scolaire. Depuis la pandémie, la santé mentale a pris de plus en plus d'importance et a attiré l'attention du grand public. Il s'agit la plupart du temps d'élèves et "de jeunes qui ne vont pas bien et qui peuvent par conséquent eux-mêmes devenir auteurs de délits."
"Les réseaux sociaux amplifieraient encore le phénomène du mobbing." Si un lycéen est harcelé dans le monde réel, cela se poursuit souvent ensuite en ligne, dans le monde virtuel. Victimes et harceleurs se connaissent la plupart du temps. "Ce qui est inquiétant, c'est qu'il est plus facile d'exprimer des expressions, des critiques et des discriminations sur les réseaux sociaux." "L'internet serait un peu considéré comme une zone de non-droit, ce qui est dangereux." Un autre problème est que la victime est souvent très seule en ligne. Par exemple, "quand un adolescent consulte son téléphone la nuit, il est souvent seul avec ses sentiments et c'est ce qui est dangereux." C'est la raison pour laquelle le slogan de la campagne "Exit Mobbing" est "Ne reste pas seul".
Les établissements scolaires sont aussi sollicités, ils ne peuvent pas être vus comme des zones de non-droit. Il faudrait continuellement rappeler certaines règles de conduite en communauté, de sorte qu'un délinquant potentiel ne puisse pas établir un rapport de pouvoir, explique la psychologue. "Au lycée, en plus des victimes et des auteurs, il y a aussi des témoins et des observateurs" et ces derniers doivent intervenir en cas de mobbing. Il s'agit d'une responsabilité collective.
En ce qui concerne les harceleurs, il y a plusieurs interventions possibles en fonction de la gravité du harcèlement. "En cas de petites attaques répétitives, les enseignants et le personnel du lycée doivent attirer l'attention sur le problème et sanctionner." "Si un phénomène de mobbing est clairement constaté, cela peut aller jusqu'au renvoi de l'auteur et une plainte peut être déposée." Les parents ont également un rôle important à jouer et ils sont visés par la campagne "Exit Mobbing".