Consommation Les produits frais ne sont pas plus chers, mais on en consomme plus

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De nombreux consommateurs ont le sentiment de payer plus cher les denrées alimentaires. En fait, c'est leur comportement de consommation qui a changé avec la crise sanitaire.
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Chaque jour, des tonnes de fruits et légumes sont réceptionnés dans les entrepôts à Ellange, avant d'être redirigés vers les supermarchés et les restaurants. Peu importe que les pommes viennent d'Italie ou les salades d'Allemagne, en ce moment, les entrepôts sont remplis et tout va très vite.

Pour René Grosbusch, cela représente beaucoup de travail, car dans les supermarchés, il y a actuellement une grosse demande de fruits et légumes. Pour l'instant, tout ce que le grossiste ne vend plus au secteur Horesca, va intégralement aux supermarchés. On pourrait penser qu'avec une telle demande, les prix des produits augmentent.

Si on observe les chiffres du Statec pour le mois de mai, les prix ont baissé d'environ 2% par rapport au mois précédent. Beaucoup de consommateurs ont cependant le sentiment que le prix des produits frais a fortement augmenté. En fait, ce sont plutôt les comportements de consommation qui ont changé.

René Grosbusch:"Les gens achètent beaucoup plus de produits dans les supermarchés qu'ils le faisaient avant, parce qu'ils ne vont plus si souvent manger au restaurant. A la maison, ils font aussi de plus grandes portions. Si on reçoit peut-être 50 grammes de légumes par plat au restaurant, on en fait plus du double à la maison."

L'ULC, l'Union luxembourgeoise des consommateurs, n'a pas constaté non plus de hausse extrême des prix. Chaque mois, l'ULC vérifie le prix d'un panier défini de marchandises dans les supermarchés pour suivre l'évolution des prix de certaines denrées alimentaires.

Pour Guy Goedert, le directeur de l'ULC, les prix n'ont pas beaucoup bougé ces derniers mois. En tout cas pour les produits répertoriés dans le panier-type de l'ULC. Et c'est tout à fait normal du point de vue de l'inflation. Cela ne signifie évidemment pas qu'il n'y a pas certains produits dont le prix a nettement augmenté. Mais il s'agit souvent de marchandises très spéciales ou de produits saisonniers.

Un exemple: le prix du chou-fleur a augmenté de plus de 200% entre février et juin. L'explication est très simple, dit René Grosbusch. Quand la saison du chou-fleur se termine en Bretagne, il faut quelques semaines pour que la nouvelle saison du chou-fleur débute aux Pays-Bas. Et évidemment, les prix grimpent dans l'intervalle. Entretemps, le prix du chou-fleur a retrouvé un niveau normal.

Le prix d'un fruit ou d'un légume se compose de plusieurs éléments, ce qui explique également que les prix fluctuent aussi souvent. C'est un peu comme avec les actions en bourse, mais ici, ce sont des fruits et légumes.

Une partie des supermarchés ont aussi modifié leur politique de prix ces dernières années. Cela ne signifie évidemment pas que les prix ne grimpent pas. Les denrées alimentaires souffrent aussi de l'inflation, qui tire les prix vers le haut d'année en année. Mais là, il s'agit de variations de prix liées à l'inflation et au Luxembourg, elles sont atténuées par l'index.

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