
https://www.rtl.lu/news/national/a/2014124.htmlL'information est tombée ce lundi, une tranche indiciaire de 2,5% tombera en février ou en mars, sans oublier celle d'avril, retardée depuis l'année passée suite à la première tripartite de 2022. À cela vient s'ajouter la hausse du salaire minimum de 3,2% au 1er janvier.
Pour René Winkin, directeur de la Fedil, la Fédération des Industriels Luxembourgeois, cette hausse des coûts de personnel n'est pas une surprise, mais "ça commence à faire beaucoup pour les entreprises. Les grandes structures qui emploient beaucoup de monde devront adapter leurs prix, elles ne peuvent pas rogner leurs marges à chaque hausse de salaire".
Les responsables de l'industrie luxembourgeoise sont d'avis que, globalement, le décalage de l'index de 2022 au mois d'avril 2023 était le bon choix, car cette durée a permis aux entreprises d'inclure cette hausse dans leurs budgets respectifs et de leur offrir plus de prévisibilité. René Winkin ne prévoit d'ailleurs pas de licenciements: "les personnes qui travaillent dans ces entreprises font tourner la boutique et elles sont utiles, mais il est aussi possible que l'introduction et l'évolution de l'automatisation soient accélérées, afin justement de contourner ou de minimiser toutes ces hausses".
Le directeur de la Fedil pense cependant que la hausse des coûts de personnel combinée à celle des coûts de l'énergie pourrait encore faire grimper légèrement l'inflation en ce début d'année.
Pour Tom Wirion, directeur de la Chambre des Métiers, la hausse des coûts du personnel aura une certaine répercussion sur les entreprises artisanales qui pourraient freiner les embauches pour faire face à ces frais supplémentaires: "avec l'inflation, ces sociétés doivent encore garantir leur rentabilité face aux défis du futur", lance Tom Wirion.
Seule une partie de ces frais supplémentaires peut être répercutée sur le consommateur final, ou le client. Il est donc probable qu'à moyen terme, les embauches soient moins fréquentes et que la pénurie de main d'œuvre soit moins aigüe qu'avant le Covid, avec toutes les conséquences que cela pourra avoir sur le secteur et sur l'économie. Tom Wirion pense que "les entreprises vont clairement devoir ralentir leur cadence", car les perspectives d'avenir sont plutôt sombres, un peu comme le ciel en ce moment.