
"Au cours des deux dernières semaines, 20 à 25 % des infections ont été détectées chez des gens complètement vaccinés", a expliqué ce mardi au micro de RTL Radio, le directeur de la Santé.
Ce qui pose toute une série de questions: depuis combien de temps étaient-ils vaccinés? La protection immunitaire a-t-elle cessé ? Les infections sont-elles intervenues alors que l'immunité n'a pas encore eu le temps de se construire ? Des vaccins sont-ils moins efficaces que d'autres ?
Le directeur de la Santé a "demandé à ses services d'analyser toutes les données" et les "résultats tomberont rapidement", mais se posera la question de savoir si les données seront suffisamment solides pour que le gouvernement prenne des décisions.
"Il ne faut pas être naïf" au vu de la vague de contamination relativement importante qui s'était produite au Luxembourg en octobre-novembre 2020, l'arrivée de l'automne préoccupe les autorités sanitaires luxembourgeoises.
"On peut présumer que nous vivrons aussi une vague cette année. Vraisemblablement pas aussi grande parce que la vaccination fait son effet. Vraisemblablement pas aussi grave parce que les formes graves de la maladie sont plus rares grâce à la vaccination", explique le Dr Schmit.

Le variant Delta "joue assurément un rôle". Vu qu'il est "transmissible plus rapidement" et que "éventuellement les vaccins n'ont pas un aussi bon effet sur lui que sur les autres variants", sujet encore en discussion pour le moment.
"Nous avons besoin de l'immunité collective pour contrôler la pandémie", a clairement posé le directeur de la Santé. Il encourage les non vaccinés à se faire immuniser, ce qui contribuera à une nouvelle amélioration de la situation sanitaire au Luxembourg.
Les scientifiques sont actuellement préoccupés par le "AY.3", la nouvelle mutation du variant Delta dont 37 cas ont déjà été trouvés en Allemagne. Des spéculations la disent plus dangereuse et plus contagieux.
"C'est un sous-variant du Delta et j'ai demandé au Laboratoire national de Santé de voir de plus près cette sous-catégorie et j'attends une réponse. Spontanément il n'a rien signalé jusqu'ici. De sorte que je pars du principe que cette sous-variante n'a pas encore été trouvée au Luxembourg".
"C'est dans la catégorie des 18-50 ans qu'il y a le plus d'infections comme le montrent les chiffres actuels. Ce sont les gens qui, en partie, ne sont pas protégés par une vaccination et qui ont beaucoup de contacts sociaux parce qu'ils sortent beaucoup. C'est pour moi la catégorie à scruter prioritairement pour avancer", souligne le Dr Schmit.
"Environ 50%" des mineurs entre 12 et 18 ans sont déjà vaccinés. "C'est un très bon chiffre si on le compare au reste de l'Europe. Seul Malte est a un temps un peu plus élevé. Dans cette catégorie tous les autres pays sont moins bien moins que nous. Certains n'ont quasiment pas encore vaccinés".
Le Luxembourg se place plutôt bien en Europe en ce qui concerne le taux de vaccination. "Nous sommes relativement bien placés si on scrute la population adulte des plus de 18 ans, juste en-dessous le moyenne européenne. Le taux de vaccination est de 73,2 % pour les premières doses (Moyenne européenne: 74,9%). Mais si on regarde le taux de vaccination complète, on est un peu meilleur que la moyenne européenne (65,2%), on est à 70,6%".
Mais le Dr Schmit fait aussi remarquer que dans plusieurs catégories d'âge il existe encore une bonne marge de progression. Les plus de 50 ans "sont bien vaccinés, avec un taux de vaccination de 80%. C'est excellent". Mais pour les 18-50 ans, le taux de vaccination est "plutôt de 50-60%. Un effort reste certainement à faire pour motiver les gens".
Pour booster les vaccinations, "il faut allers vers les gens", combattre les fake news qui circulent sur les médias sociaux et "rendre la disponibilité des vaccins aussi simple que possible".
"Les gens ne viennent pas nécessairement vers les vaccins, la vaccination doit aller vers les gens", pose aujourd'hui le directeur de la Santé comme un leitmotiv. Ce qu'a montré le bus de vaccination, tout comme le centre de vaccination spontané. Il annonce qu'"à l'automne" des séquences de vaccination étaient envisageables dans les "centres commerciaux où les gens se rendent le week-end".