
L'activité a repris hier sur les chantiers au Luxembourg. Afin d'éviter la propagation du coronavirus parmi les ouvriers de retour de vacances, près de la moitié d'entre eux vont être dépistés.
La semaine dernière, les entreprises du secteur ont reçu des bons qui vont leur permettre d'envoyer 55% de leur personnel se faire tester gratuitement. Ce sera aussi l'occasion de se faire une idée du niveau des infections parmi les ouvriers du bâtiment, explique le président de la Chambre des Métiers, Roland Kuhn, lui-même entrepreneur: "A présent, toutes les entreprises ont reçu ces bons. Et avec ceux-ci, une partie du personnel va être testée. Comme l'a dit la Direction de la Santé, l'idéal est un employé par équipe, ou deux par équipe, il faudra voir selon la taille des équipes. Pour que l'on obtienne progressivement une vue d'ensemble de la situation."
Les tests vont être réalisés ces trois prochaines semaines. Avec pour conséquence éventuelle que de grandes parties des équipes pourront être indisponibles, si l'un des ouvriers est testé positif au coronavirus, comme l'explique le président de la Fédération des artisans et patron d'une entreprise de chauffage et sanitaire, Michel Reckinger: "Celui que nous enverrons se faire tester vendredi, aura passé toute la semaine sur un chantier avec son équipe et d'autres corps de métiers. S'il est testé positif vendredi, une bonne partie de nos ouvriers, mais probablement aussi d'autres corps de métiers, seront envoyés en quarantaine, ce qui représente évidemment à nouveau un coût et nécessite une réorganisation de l'entreprise."
Cela s'est déjà produit dans certaines entreprises avant le congé collectif: "Ça fait mal. Quand dans une camionnette avec cinq ouvriers, vous en avez un, non pas qui est positif, mais qui a un cas positif dans la famille, c'est tout le personnel de la camionnette qui est mis en quarantaine. C'est une perte de productivité. Ils ne travaillent pas. Cela coûte de l'argent. Ils obtiennent bien un arrêt de travail, mais il est seulement remboursé à 80%, ce qui signifie que ces 20%, nous devons les payer nous-mêmes. Nous devons aussi payer les cotisations. Là où auparavant nous avions un niveau d'arrêts maladie de moins de 5%, nous étions grimpés à 20, 30% avant le congé collectif, parce que des employés étaient en quarantaine."
Les tests sont réalisés sur base volontaire, ce qui signifie que les ouvriers qui ne veulent pas se faire dépister, n'y sont pas obligés. Les responsables du secteur espèrent toutefois que ces tests vont permettre de découvrir autant que possible les personnes infectées, afin d'éviter une propagation du virus sur les chantiers.