
Depuis le 29 mai, les restaurants et cafés on pu rouvrir. Ils doivent respecter une série de règles de distanciation, limiter le nombre de personnes à table et de port du masque lors des déplacements. Mais surtout, ils doivent fermer à minuit... L'heure à laquelle les clubs prennent généralement le relais avec DJ, piste de danse, ambiance festive et souvent alcoolisée.
Les exploitants de clubs et boîtes de nuit ont bien le droit d'ouvrir, mais la marge de temps est très réduite.
"On sera sans doute les derniers à pouvoir rouvrir", soupire Edvin Huremovic, le gérant du M Club qui accueille jusqu'à 1.300 personnes en temps normal. "Si on nous autorise la nuit blanche, on pourrait peut-être travailler et faire en sorte d'accueillir 500 personnes." Et encore... Avec 11 employés fixes et une quarantaine d'extras (pour le groupe avec le M Club et le Gotham) et seulement huit jours d'ouverture par mois (les vendredis et samedis), il va être difficile d'entrer dans ses frais et se passer des aides de l'État.
Jonathan Engel, à la tête du White Club à Foetz fait le même type de calcul: "si on pouvait ouvrir jusqu'à 3h, et accueillir 400 ou 500 personnes (la moitié de la jauge habituelle, NDLR), on arriverait à s'en sortir. Pour l'instant, ça n'a pas de sens d'ouvrir." S'il a pu mettre ses 10 salariés au chômage partiel et toucher des aides, il travaille à de nouvelles idées pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. "Je vais ouvrir le White Shisha Lounge en septembre à Esch, pour diversifier les activités. C'est trop risqué de ne parier que sur la nuit."
Erik De Toffol, le patron du Saumur, club et restaurant de nuit bien connu des noctambules et du personnel des restaurants qui y passent souvent après leur service, a choisi de rouvrir dès que c'était possible, tous les soirs. "Nos tables sont de toute façon distantes et nous avons installé des panneaux en Plexiglas là où c'était nécessaire". C'est par exemple le cas dans la salle de strip-tease, où les danseuses travaillent avec une visière.
S'il pense s'en sortir avec moins de clients pour respecter les distances, pour lui aussi, l'enjeu est l'autorisation de nuit blanche: "je ne comprends pas que le Casino 2000 puisse ouvrir jusqu'à 3 ou 4h du matin et qu'on nous oblige à fermer à minuit... Ça casse le business." Il constate aussi la différence avec la France où l'heure de fermeture est repoussée à 2h.
Il estime en outre que "ce n'est pas parce que les clubs sont fermés que les gens ne font pas la fête: ils louent des AirBnb, font des soirées en forêt... Au moins nous on surveille le respect des distances."
De son côté, l'équipe du Gudde Wëllen, à la fois bar, salle de concert et club, attend surtout l'autorisation de créer une terrasse sur la Corniche de la vieille ville, les salles étant trop petites pour imaginer accueillir du public de manière rentable. Avec ses huit salariés, les loyers qui n'ont pas été offerts par l'État propriétaire, "on commence à toucher le fond de nos maigres réserves", indique Luka Heindrichs
Tous les noctambules et tous ceux qui ont fait de la nuit leur métier attendent les possibilités de réouverture. "Pour l'instant, on a programmé une soirée Comeback le 1er août qu'on pourra mettre à une autre date si nécessaire. Mais j'espère bien qu'on n'aura pas un été sans club", s'impatiente Edvin Huremovic.