
La Fapsylux place de gros espoirs en la Commission de nomenclature convoquée par le ministre de la Sécurité sociale Claude Haagen.
La recommandation tarifaire de Fapsylux à ses membres n'est pas le seul obstacle au sein de ces négociations, mais elle est majeure.
Elle avait recommandé aux praticiens de demander 175 euros par séance. La CNS s'en était à l'époque étonnée et avait rencontré Fapsylux pour comprendre d'où venait ce tarif, mais malgré ces échanges le problème n'a pas été résolu, nous explique le président de la CNS.
Christian Oberlé: "Ce qui est certain pour nous, c'est que nous ne pouvons pas être d'accord avec les attentes actuelles de la Fapsylux au niveau du tarif. Elles sont tout simplement trop éloignées d'une nomenclature normale, comme nous rémunérons aussi les autres professions de soin."
Selon Catherine Richard, la nouvelle présidente de la Fédération des psychothérapeutes, ce tarif souhaité par la Fapsylux ne découle pas d'approximations. Ces 175 euros ne servent pas qu'à rémunérer les 50 à 60 minutes durant lesquels le psychothérapeute se trouve avec son patient, mais aussi le travail indirect.
Catherine Richard: "Il s'agit de la préparation, la documentation, nous devons faire des supervisions, notre comptabilité, nos recherches, on échange avec d'autres professionnels et entre nous aussi. Tout cela prend beaucoup de temps."
C'est pourquoi un psychothérapeute qui travaille à temps plein ne peut pas recevoir huit patients par jour ou 40 par semaine, comme pourrait le penser la caisse de maladie, explique la présidente de Fapsylux. Elle souligne que lorsque le thérapeute est en entretien avec son patient, il doit être concentré à 100% sur lui et son histoire souvent très compliquée. Faire cela huit par jour ne serait donc pas possible.
Catherine Richard: "Il y a des statistiques venant de l'étranger à ce sujet. En Allemagne, le remboursement est en vigueur depuis les années 1990 et les statistiques des caisses de maladie allemandes indiquent que 22 à 24 patients sont traités par semaine pour un temps plein, et nous pouvons également souscrire à cette cadence."
Avec les 175 euros que Fapsylux recommande à ses adhérents, la fédération souhaite aussi toucher l'équivalent de ses collègues qui travaillent en institution.
La demande pour les psychothérapies augmente de plus en plus, la présidente de Fapsylux le sait bien, et ce, surtout depuis la période du covid. Elle considère cela dramatique que certaines personnes ne puissent se permettre de consulter un psychothérapeute.
Pour les psychothérapeutes, les 120 euros par séance proposés par la CNS ne sont pas réalistes. Ils espèrent une solution rapide, tout comme la CNS. En effet, son président souhaite que les choses avancent rapidement.
Christian Oberlé: "Mais ça ne veut pas dire que nous accepterons n'importe quoi lors d'une discussion tarifaire. Nous souhaitons que ça avance rapidement. Nous avons aussi une équipe qui travaille tout l'été, tout comme Fapsylux. Cet été nous continuons à discuter, à travailler sur la convention pour que cela soit ensuite opérationnel le plus rapidement possible."
Selon Christian Oberlé, les discussions concernant le tarif doivent bien être poursuivies à un moment donné.
La présidente de Fapsylux a rappelé lors de son interview à RTL qu'il ne s'agit pas du seul point de désaccord. Ils sont par exemple toujours en discussion autour de quelles pathologies seront remboursées et quelles catégories d'âge des patients seront concernées.
L'exclusion des patients systémiques ne serait pas non plus hors de propos.