Sensibilisation au LuxembourgLes lingettes humides, le fléau des stations d'épuration

RTL Infos
Roland Schaack, de l'Association luxembourgeoise des services d'eau (Aluseau), est revenu sur la situation des eaux potables et usées du Luxembourg au micro de RTL ce lundi matin.
© Unsplash

Quand les eaux usées sont nettoyées correctement, cela simplifie le travail d'épuration afin d'obtenir à nouveau de l'eau potable. C'est l'analyse de l'invité de RTL qui a expliqué que certains éléments ne permettaient pas un nettoyage optimal.

© Sarah Cames / RTL

Les eaux usées ont toujours été mal considérées par rapport à l'eau potable mais l'intérêt pour ce qui sort de nos habitations est en constante augmentation car les rejets peuvent révéler beaucoup d'informations sur l'activité humaine. La pandémie a démontré l'importance des eaux usées qui pouvaient effectivement montrer le taux d'infection selon les communes, tout comme des tendances démographiques ou encore une utilisation plus élevée de drogues à certains endroits plutôt qu'à d'autres.

La qualité des eaux usées varie d'une région à l'autre, le sud présente par exemple davantage de pollution industrielle alors que l'est est plus impacté par les conséquences de la viniculture et le nord de l'agriculture.

200 stations au Luxembourg

Le pays compte environ 200 stations d'épuration, dont 82 sont purement mécaniques alors que les autres sont biologiques. La première génération était mécanique, ce qui permettait aux matières plus lourdes de se déposer afin qu'elles puissent être enlevées. Mais leur rendement n'atteint que 30%.

Une deuxième couche biologique a été ajoutée dans les années 80, avec notamment des bactéries qui traitent les matières décomposées. Depuis la directive de 91, un nettoyage tertiaire est également appliqué avec l'élimination du carbone, avant l'azote et le phosphore. Grâce à ce nettoyage supplémentaire, entre 90 et 95% des impuretés sont extraits.

Alors que la présence des produits chimiques, médicaments et autres hormones augmente constamment dans les eaux usées, une quatrième étape est en train d'être implantée. Certaines stations, au début celles placées près d'un hôpital par exemple, seront équipées en conséquence dans les prochaines années. Ces substances représentent un réel danger dans la chaîne alimentaire à long terme.

Les polluants éternels, également mieux connus sous le nom de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), représentent un autre défi pour le traitement des eaux usées. Ils sont présents dans les couches de teflon mais aussi dans les vêtements imperméables et sont difficilement extractibles, même avec un 4e traitement.

Plus de sensibilisation

Roland Schaack a souligné l'importance de la sensibilisation par rapport à ce que l'on jette, et plus particulièrement dans les toilettes. Les rejets contiennent encore trop souvent des objets qui n'ont pas leur place dans une station d'épuration: piles, graisses, textiles, isolation, morceaux de bois ou briques.

Mais l'un des plus grands fléaux en Europe sont les lingettes humides, même si il est clairement indiqué qu'elles sont biodégradables. En réalité, elles se décompensent en partie après un certain temps, mais le chemin vers les stations d'épuration est beaucoup trop court. Résultat: ces lingettes s'accumulent et forment souvent des bouchons dans les installations, ce qui représente un énorme travail et des coûts supplémentaire pour tout nettoyer.

Une nouvelle campagne de sensibilisation sera prochainement lancée sur plusieurs supports afin de faire comprendre à la population que ces lingettes humides ne doivent pas être jetées dans les toilettes.

Après avoir écopé de plusieurs amendes de la Commission européenne à hauteur d'un montant total de 6 millions d'euros suite à la non-conformité de ses stations en 2013, le Luxembourg est aujourd'hui l'un des meilleurs élèves en la matière au sein de l'UE.

Back to Top
CIM LOGO