
Le feuilleton Ampacet restera dans les annales syndicales comme la 2e grève la plus longue de l'histoire luxembourgeoise (25 jours), mais aussi comme un conflit social dur émaillé de "coups". Dès le départ l'OGBL a accusé la direction d'"attaques intolérables" contre le droit de grève. La direction lui demandant d'exercer son droit de grève "de manière pacifique" et dénonçant d'intolérables agissements des grévistes qui se sont relayés à l'entrée de l'usine à Dudelange pour en bloquer l'entrée.
Le 11 décembre, le député Marc Baum (déi Lénk) a adressé une question parlementaire au nouveau ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden (CSV) -dans la tourmente suite à un acte de vandalisme commis à son domicile- suite à l'intervention des forces de l'ordre pour vérifier l'identité des personnes se trouvant sur le piquet de grève "sans que ces personnes ne soient impliquées dans des actions d'obstruction de l'entrée". Des contrôles qui "pourraient être interprétés comme des tentatives d'intimidation" aux yeux du député de gauche.
La Police a bien confirmé à son ministre de tutelle avoir procédé à des contrôles d’identité de grévistes devant l'entrée de l'usine Ampacet, mais l'initiative n'est pas venue de Léon Gloden. Dans sa réponse rendue publique ce jeudi, il répond que "le ministre ne peut pas donner instruction à la police de procéder à des contrôles d’identité. Ces contrôles relèvent des mesures de police administrative".
Et Léon Gloden se défend et dit "ne pas voir en quoi les contrôles d’identité effectués par la police dans le contexte décrit seraient de nature à affaiblir le droit de grève".
Le ministre explique que la police a dû intervenir "à plusieurs reprises car l’accès au site avait été obstrué par des personnes participant au piquet de grève". Dans le cadre de ces interventions, "des procès-verbaux ont dû être dressés, entre autres à cause d’un accident de la circulation provoqué" par les grévistes, mais aussi pour cause de "rébellion avec armes à l’encontre de personnes qui avaient jeté des pétards en direction des policiers".
Les contrôles d’identité ont été effectués "dans l’exécution de la mission de police judiciaire" pour "rechercher les crimes, les délits et contraventions, de les constater, d’en rassembler les preuves, d’en donner connaissance aux autorités judiciaires, de rechercher, saisir, arrêter et mettre à la disposition de l’autorité judiciaire les auteurs".