Après huit jours de grève devant l'entrée de son usine à Dudelange, Ampacet Luxembourg est sorti de son silence. Pour "rectifier de nombreuses fausses affirmations" et dénoncer les agissements non tolérables des grévistes.

La détermination des grévistes de l'OGBL à être entendus pas leur direction est intacte, ont-ils fait savoir lundi lors d'un point presse organisé sous la neige à l'entrée du site de production dans la ZAE Wolser à Dudelange. L'OGBL est impatient de voir revenir la direction d'Ampacet Luxembourg à la table des négociations pour "trouver une solution", comme expliqué lundi par Alain Rolling, secrétaire central du syndicat Chimie. À commencer par rediscuter de la convention collective de travail puisque les négociations entamées au printemps dernier n'ont pas abouti.

Dans un communiqué de presse daté de lundi soir et transmis à la presse par voie d'un cabinet d'avocats, la direction d'Ampacet sort enfin de son long silence car elle juge "nécessaire de rectifier les nombreuses fausses affirmations au sujet des discussions sur les conditions de travail actuellement applicables au sein de notre usine de Dudelange".

Contrairement aux informations publiées, écrit la direction "nous tenons à préciser que nous n'avons pas engagé des travailleurs intérimaires depuis le début de la grève", ce que l'OGBL a affirmé devant les journalistes lundi "et que nous n'avons pas non plus réduit les salaires de notre personnel au minimum légal".

Les non-grévistes intimidés et agressés verbalement

Ampacet dit avoir dit que depuis mars, elle a "entamé des négociations de bonne foi" et "dans le respect du Code du travail luxembourgeois, avec les organisations syndicales en vue de renouveler notre convention collective". Mais malgré tous les efforts et l'entremise de l'office national de conciliation (ONC), "un accord n'a pas été trouvé, ce qui a conduit Ampacet à demander la non-conciliation", reconnaît l'entreprise américaine.

Soulignant bien que "l'offre finale présentée par Ampacet à l'ONC est nettement plus élevée que ce qui a été rapporté dans les médias par l'OGBL. Les ajustements proposés et les avantages supplémentaires ont été offerts en plus des avantages dont bénéficient déjà tous les salariés".

Accusée par l'OGBL de ne pas respecter le droit fondamental de faire grève au Luxembourg, la direction d'Ampacet affirme le contraire et met les points sur les "i" quant à certains agissements des grévistes au cour des huit premiers jours de grève. Elle dit "respecter tout salarié qui choisit d'exercer son droit de grève, mais nous ne pouvons tolérer les actes de diffamation, d'intimidation et de comportement illégal de quelque nature que ce soit. Malheureusement, les presque 30 % de nos salariés qui ont choisi de ne pas faire grève font l'objet d'intimidations et d'agressions verbales lorsqu'ils se rendent au travail".

Marché compliqué mais perspectives de production toujours d'actualité

Contrairement à ce qu'affirmaient encore lundi les syndicalistes de l'OGBL, les fournisseurs et clients  d'Ampacet "sont bloqués à l'entrée du site, en dépit d'une décision de justice qui interdit expressément un tel refus d'accès à nos locaux", assure la direction. Elle demande, à son tour à l'OGBL de respecter les règles du jeu et "encourage l'OGBL à veiller à ce que le droit de grève soit exercé de manière pacifique".

En vue de la future reprise des négociations, la direction d'Ampacet prévient que les conditions de marché sont "difficiles" en 2023 et "ont eu un impact significatif sur Ampacet Dudelange". Tout comme les perspectives de croissance économique en Europe pour 2024 "restent tout aussi difficiles". Mais malgré ces perspectives sombres, elle assure poursuivre ses plans pour "augmenter les possibilités de production de couleur sur le site de Dudelange".

Des représentants de l'OGBL et salariés d'Ampacet en grève se rendront ce mercredi 6 décembre à la Chambre des députés pour interpeller les membres de la Commission du Travail sur leur conflit social puisqu'une réunion de la Commission du Travail doit se tenir à 15h30.

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