Huitième jour de grève chez Ampacet Luxembourg à Dudelange où les grévistes restent déterminés, mais la direction muette. La production est à l'arrêt.

"On n'a pas été entendu par la direction" et "ce qu'elle propose aujourd'hui est inacceptable. On perd tous nos acquis", résume d'un trait, calmement, Éric, opérateur de production chez Ampacet Luxembourg où il travaille depuis onze ans sur une ligne de production de matières plastiques.

Si la très grande majorité des salariés (88% ont voté la grève fin novembre) reste mobilisée devant l'usine de Dudelange au bout de huit jours de grève, et ce malgré le froid et la neige, c'est "pour faire comprendre à la direction que les décisions prises ne sont pas les bonnes". La plus incompréhensible étant de dénoncer la convention collective de travail après avoir saisi elle-même l'Office nationale de conciliation. La plus pénible étant aujourd'hui le mutisme dans lequel elle se tient depuis le début de la grève.

"Jusqu'à présent elle ne nous a pas contacté. C'est du jamais vu. La direction bafoue le modèle social luxembourgeois, ce qui est totalement inacceptable", s'insurge Saliha Belesgaa, présidente de la délégation du personnel. Elle ne comprend pas "ce qui coince".

Elle ne comprend pas non plus "pourquoi avec une société qui fait des profits et des salariés qui n'ont pas cessé de faire des efforts, on n'a rien". Référence à la convention collective balayée et aux seuls 0,3% d'augmentation de salaire proposés par la direction alors que l'OGBL, syndicat majoritaire, en demande 2,5%.

Les grévistes d'Ampacet "resteront jusqu'à ce que le patron, fasse un geste" avaient prévenu l'OGBL. Et jusqu'ici les seuls gestes de la direction n'ont fait qu'irriter davantage encore l'OGBL. La direction "a essayé de tout faire pour casser la grève, mais notre droit de grève est un droit fondamental. Et nous irons jusqu'au bout. Nous ne partirons pas d'ici tant que la direction ne parlera pas avec nous, c'est très clair", claironne Alain Rolling,  secrétaire central du syndicat Chimie. Il ne transigera pas sur le fait que les grévistes touchent intégralement leur paie malgré la grève.

L'objectif de la délégation du personnel et de l'OGBL est clair: "Nous voulons nous mettre à table avec elle pour trouver une solution". "Aujourd'hui la balle est clairement dans le camp de la direction", lance Alain Rolling. Et "si elle ne veut pas ouvrir les portes de la négociation, on va les forcer". Pour ce faire, il compte bien sur l'appui du nouveau ministre du Travail Georges Mischo. L'OGBL demande au ministre de "passer à l'acte" et de contraindre la direction d'Ampacet de passer à table.

Le mouvement de grève a déjà eu le soutien du nouveau ministre CSV, tout comme de ses deux prédécesseurs socialistes, Georges Engel et Dan Kersch. Ce mercredi Georges Mischo est très attendu sur le sujet devant la commission du Travail qui se réunira au parlement.

Les députés de tous bords soutiennent les grévistes et les messages de soutien pleuvent sur les réseaux sociaux. "C'est particulièrement impressionnant de voir cette très grande vague de solidarité", relève Stefan Osorio, secrétaire central adjoint du syndicat Chimie de l'OGBL. Jusqu'ici la collecte nationale à l'attention des grévistes a déjà rapporté 16.000 euros.

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