Tripartite et 1er maiLes socialistes déçus par les annonces sur le salaire minimum

François Aulner
adapté pour RTL Infos
Jeudi matin, Taina Bofferding, présidente du groupe parlementaire socialiste, était l'invitée de la rédaction de RTL. La tripartite annoncée, le salaire social minimum et la crise actuelle ont notamment été évoqués au cours de l'émission.
© François Aulner

"Il est dans l’intérêt de tous que la tripartite sur la guerre en Iran et ses conséquences soit un succès", a déclaré la présidente du groupe parlementaire LSAP, Taina Bofferding, jeudi matin sur RTL. Elle s’est félicitée que le Premier ministre ait convoqué cette réunion, même s’il a fallu exercer une certaine pression pour amener Luc Frieden à bouger. Taina Bofferding lui a toutefois donné raison lorsqu’il a affirmé que la crise, liée à la guerre américano‑israélienne en Iran, risque encore de durer.

Les prix de l’énergie et d’autres biens pourraient encore augmenter, il faut donc "anticiper" et "se montrer  résilients", a estimé la cheffe de fraction LSAP. Taina Bofferding a déclaré : "L’hiver est déjà à nos portes", soulignant qu'il faut s'y préparer en ne sachant pas comment la crise va évoluer.

Selon Taina Bofferding, comme après le début de la guerre en Ukraine il y a quatre ans, des mesures telles que celles mises en place par le gouvernement DP‑LSAP-les Verts devraient être analysées. À l’époque, l’État avait notamment pris partiellement en charge les coûts des réseaux, adapté des aides financières ou encore temporairement compensé l’index pour les entreprises. Un crédit d’impôt échelonné avait également été instauré. La présidente du groupe parlementaire LSAP a souligné que les citoyens et les entreprises devraient être aidés "de manière ciblée", en priorité ceux qui rencontrent le plus de difficultés. Elle n’est pas d’avis qu’il faille actuellement "arroser tout le pays".

1er mai : salaire social minimum et logement ?

À l’approche du 1er mai, qui tombe ce vendredi et à l’occasion duquel l’Union syndicale OGBL‑LCGB entend mettre le gouvernement "sur le gril", le message de la présidente du groupe parlementaire LSAP est le suivant : "Il est important que nous tirions tous maintenant dans le même sens et que nous regardions comment sortir de ces crises. "

"L’important, c’est que la volonté politique soit présente pour augmenter le salaire minimum"

Même si elle dit comprendre qu’un gouvernement ne révèle pas dans le détail ce qui sera discuté avec les partenaires sociaux, elle a souhaité que le salaire minimum et le logement figurent également à l’ordre du jour. Et espère qu’au coeur de cette crise, on n’attende pas encore de nouvelles études, comme le ministre du Logement Claude Meisch l’aurait laissé entendre en commission parlementaire.

Concernant le salaire minimum, l'élue LSAP se montre déçue  : il est regrettable, selon elle, que le gouvernement n’ait rien décidé en la matière, si ce n’est de maintenir l’index et l'ajustement à l’évolution des salaires. Taina Bofferding a rappelé que "par le passé, il y a déjà eu des consultations, des tripartites, au cours desquelles il a été décidé d'instaurer des compensations pour les petites entreprises. Tout est possible. L’important, c’est que la volonté politique soit présente pour augmenter le salaire minimum".

Impôt sur les surprofits

Les mesures destinées à atténuer la crise auront un coût, et le LSAP s’est donc prononcé en faveur de l’instauration d’un impôt sur les surprofits pour les entreprises qui profitent de la hausse des prix. Pourtant, ni après la guerre en Ukraine, ni pendant la crise du Covid, le LSAP, alors qu’il faisait partie du gouvernement, n’a lui‑même introduit une telle taxe. "C’est vrai, mais jusqu’à présent aucun pays ne l’a réellement fait", a déclaré Taina Bofferding.

Elle a toutefois souligné que, cette fois‑ci, plusieurs États membres de l’Union européenne, dont l’Allemagne, ont désormais sollicité la Commission européenne afin de pouvoir le faire, et elle a regretté que le Luxembourg ne se soit pas associé à cet appel.

Le LSAP sans Paulette Lenert

Après la "décision personnelle" de la députée Paulette Lenert, qui a exprimé le souhait de rejoindre le Conseil d’État, le LSAP va regretter sa compétence et son expertise au sein du groupe parlementaire, a déclaré Taina Bofferding. Celle-ci a toutefois souligné que la moitié des députés disposent d’une expérience gouvernementale et que l’autre moitié est très engagée et s’est bien approprié les dossiers.

Il est beaucoup trop tôt, selon elle, pour évoquer une place éventuelle pour Paulette Lenert sur les listes électorales, voire en tant que tête de liste. Taina Bofferding se montre néanmoins confiante pour l’avenir.

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