
Le projet de centre de données de Google à Bissen était au centre d'une question élargie jeudi à la Chambre. La députée des Verts, Joëlle Welfring, y critiquait surtout l’efficacité énergétique du projet. Le centre de données prévu serait plutôt mal classé en comparaison avec d’autres sites de Google et avec les standards européens.
De plus, le projet, s'il se concrétisait, consommerait une quantité énorme d’électricité. Selon des estimations, il pourrait consommer près de 1.000 gigawattheures par an, soit à peu près autant que l’ensemble des ménages au Luxembourg. Certes, l’électricité serait fournie à 100 % à partir d’énergies renouvelables, mais il n’existerait aucune obligation d’en produire, ne serait-ce qu’une partie, au Luxembourg, critique la députée des Verts.
Par ailleurs, certaines questions demeurent quant à l’utilisation de la chaleur dite résiduelle. L'élue a souligné que la chaleur produite par le centre de données pourrait potentiellement être utilisée pour des milliers de ménages. Le projet devrait donc être "plus innovant". Cela pourrait éventuellement améliorer l’acceptation du projet par la population.
Le ministre de l’Économie, Lex Delles, a déclaré pouvoir en partie comprendre les critiques, tout en renvoyant à l’évolution du dossier. La procédure d’autorisation remonte déjà à 2020 et les exigences techniques ont évolué depuis. Il est bien sûr nécessaire de continuer d’augmenter les capacités d’approvisionnement en électricité au Luxembourg, comme cela se fait déjà depuis des années, notamment avec la ligne à très haute tension 380 vers l’Allemagne.
Le gouvernement souhaiterait également un centre de données économe en énergie, selon le ministre. La chaleur résiduelle devrait être utilisée lorsque cela est possible, mais pas à n’importe quel prix. Le ministre a expliqué qu’il n’existe pas encore de cadre national pour cela et que de telles infrastructures ne peuvent pas être mises en œuvre partout facilement.
Lex Delles a également replacé le projet dans un contexte plus large. Pour renforcer la souveraineté numérique de l’Europe, il faut aussi disposer de centres de données au Luxembourg. Toutefois, il ne s’agit pas d’attirer des infrastructures gigantesques. La force du Luxembourg réside plutôt dans une infrastructure fiable, sécurisée et fonctionnant avec des énergies renouvelables.