
Peu avant la fin de la consultation publique, l’ONG a transmis au ministère de l’Environnement une prise de position détaillée d’une trentaine de pages. Pour les défenseurs de l’environnement, le constat est clair : dans sa forme actuelle, le projet ne peut pas être mis en œuvre. “Lorsqu’on examine le dossier, de nombreuses questions restent en suspens. Le dossier est loin d’être complet et, à nos yeux, il est également en contradiction avec la législation environnementale”, explique Blanche Weber, présidente du Mouvement écologique.
Concrètement, l’ONG pointe trois problèmes majeurs : la consommation électrique très élevée, qui pourrait représenter entre 10 et 15 % de la consommation nationale et ne serait pas compensée par une électricité exclusivement verte, une efficacité énergétique inférieure à celle des centres Google existants et des plans peu clairs concernant l’utilisation de la chaleur résiduelle.
Pour l’ONG, la conclusion est sans appel : le projet doit être arrêté dans sa forme actuelle. “Nous attendons que le gouvernement dise : votre dossier n’est pas complet, donc non. Nous soulevons entre 30 et 40 questions qui restent sans réponse”, explique la présidente du Mouvement écologique. La décision revient désormais au ministère de l’Environnement, qui devra se prononcer sur les autorisations nécessaires.
Du côté de la commune de Bissen, l’approche est plus nuancée. Le bourgmestre David Viaggi souligne qu’à ce stade, il s’agit d’une procédure normale. “Il s’agit d’une observation, pas d’un recours. Les répercussions éventuelles sur le projet doivent désormais être évaluées par le ministère.”
Au cours des dernières années, la commune a régulièrement adapté le projet afin de l’intégrer au mieux dans le contexte local. Des solutions sont notamment recherchées en matière d’énergie. “Nous examinons actuellement comment la chaleur résiduelle peut être réutilisée. Des entreprises situées à proximité, ainsi qu’une piscine, pourraient en bénéficier.”
Pour le bourgmestre, l’enjeu est également d’ordre économique : le Luxembourg doit rester attractif pour les entreprises, sans pour autant perdre de vue la protection de l’environnement. L’objectif est de trouver un équilibre entre développement économique et politique durable.
La controverse entourant le projet remonte déjà à plusieurs années. Dès 2020, le Mouvement écologique avait tenté de s’opposer au plan d’aménagement particulier partiel du terrain à Bissen, mais sans succès.
Une nouvelle tentative visant à imposer davantage de transparence a également échoué. L’ONG avait réclamé l’accès à une déclaration d’intention conclue entre le gouvernement, la commune et Google. Après un long contentieux juridique, la justice a toutefois décidé que ce document ne devait pas être rendu public.
Alors que le ministère de l’Environnement doit désormais se prononcer sur le projet, la commune travaille parallèlement au permis de construire. Celui‑ci pourrait être délivré avant les vacances d’été, selon le bourgmestre.
La réalisation effective du centre de données de Google reste donc encore incertaine.