
L'ex-ministre veut faire annuler sa démission, notamment parce qu'il ne l'aurait pas pu lui-même signée. Interrogé par RTL, le coprésident des Verts, Meris Sehovic, a déclaré que son parti et lui peuvent comprendre que Félix Braz et sa famille soient dans une situation difficile et il est dans son droit en déposant ces recours. Déi Gréng sont cependant aussi affectés et ce qui touche personnellement Meris Sehovic et ses collègues de parti, c'est qu'il leur est reproché de ne pas avoir été solidaires. L'avocat de Félix Braz, Jean-Marie Bauler, a effectivement dit, au journal de RTL, que les Verts auraient précipité la démission de l'ex-ministre. Un mois après son infarctus, déi Gréng avaient déclenché un remaniement gouvernemental et ouvert ainsi la voie à la démission forcée ou involontaire de Félix Braz.
Selon Meris Sehovic, il faudrait se remettre dans le contexte d'août et septembre 2019, une période qui n'aurait pas été facile pour les Verts: "Nous avons dû décider et peser, entre d'une part l'état de notre ami Félix, et d'autre part la responsabilité que nous avons à l'égard de ce pays et de sa population." Nous avions besoin d'un gouvernement qui fonctionne et après l'incident, l'état de santé de Félix Braz ne lui aurait pas permis d'exercer ses mandats de Vice-Premier ministre et de ministre de la Justice. L'évolution de son état de santé n'aurait pas été prévisible. Il avait fallu prendre une décision grave, mais qui était dans l'intérêt du pays.
Le coprésident des Verts, Meris Sehovic, a ajouté qu'il espérait garder le contact avec Félix Braz, parce qu'il restait un collègue de parti et qu'il avait droit à l'estime des Verts et du pays.
Sollicités, le Vice-Premier ministre vert actuel, François Bausch, n'a pas souhaité faire de commentaires, et le ministère d'Etat a déclaré qu'il ne pouvait pas réagir parce qu'il s'agissait d'une affaire judiciaire en cours.
L'un des recours introduits par Félix Braz vise le Centre de gestion du personnel et de l’organisation de l’État, parce que l'ex-responsable politique aurait été indemnisé de manière discriminatoire et non comme le prévoit la loi. A ce propos, Meris Sehovic a déclaré que le traitement d'un ministre démissionnaire était clairement réglementé, mais qu'il ne pouvait pas en dire plus à ce sujet.
D'après les explications du ministère de la Fonction publique, Félix Braz a continué à percevoir son traitement de ministre sans indemnités de représentation pendant les trois premiers mois qui ont suivi son accident de santé. Pendant cette période, il a donc touché 16.000 euros bruts par mois, au lieu de 24.000.
Ensuite Félix Braz a perçu un "traitement d’attente", attribué à tout ministre qui quitte ses fonctions sans avoir droit à la retraite, le montant touché ne représentant qu'une partie de son ancien traitement, à savoir environ 7.000 euros bruts par mois.
Ce traitement d’attente ne peut être accordé que pendant deux ans. La législation prévoit qu'alors un ministre a droit à un poste de direction auprès de l'État. Si ce n'est pas possible pour des raisons médicales, il perçoit une pension d'invalidité.