
Il y a deux semaines, l'entreprise Tapis Hertzannonçait la future fermeture de sa boutique dans la Grand-rue. Le magasin d'articles de sport Keller sur la Place du théâtre va fermer ses portes. Le magasin C&A de la Place Guillaume II va quitter la ville-haute, il devrait être remplacé par un Monoprix et un Naturalia. La boutique Bonn dans la rue Philippe, va redistribuer ses espaces et elle va céder de la place à l'enseigne de luxe Louis Vuitton.
Ces boutiques ferment pour des raisons différentes. Tapis Hertz ne cesse pas son activité, l'entreprise se contente de quitter la capitale. "Si nous voulons survivre, nous devons prendre des décisions“, dit la gérante du magasin, Nathalie Aach.
Nathalie Aach a vécu 12 ans dans la Grand-rue et elle y travaille depuis 25 ans. Dans cette entreprise familiale qui existe depuis 73 ans, la décision de fermer ce grand magasin qui s'étend sur cinq étages, n'a pas été facile à prendre.
Les affaires ont commencé à devenir plus difficiles il y a trois, quatre ans. Nous avons commencé à nous faire du souci fin 2018, soit un an avant la fin du bail. 13 salariés sont actuellement employés par Tapis Hertz dans sa boutique de la Grand-rue et personne ne doit se retrouver au chômage, se réjouit la gérante.

Les raisons pour lesquelles les affaires ne vont plus comme avant sont diverses, le loyer n'est pas en cause. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à faire leurs achats sur internet où à l'extérieur de la capitale. Ils viennent plutôt en ville pour se promener, sans rien acheter.
Le milieu commercial de la ville de Luxembourg est en mutation, ce n'est pas nouveau, considère Nathalie Aach. Sternberg, Neuberg, Rosenstiehl ou encore le Monopol ont fermé leurs portes depuis des années. Et le phénomène a continué.

Pour Tapis Hertz, le mieux est aujourd'hui de se concentrer sur les deux points de vente situés en-dehors de la capitale, à la Belle-Etoile et à Bertrange. La boutique du centre-ville fermera ses portes à la mi-novembre.
La ville de Luxembourg doit se remettre avant que l'on puisse imaginer y revenir. Pour l'instant, elle est difficile à gérer à cause des chantiers et des difficultés d'accès. "On s'attaque peut-être à trop d'endroits en même temps", dit Nathalie Aach, "Mais ça, c'est la gestion de la Ville. Je m'occupe de celle de ma boutique."
La Ville ou l'Etat ne devraient-ils pas soutenir davantage les commerçants? C'est une question difficile. On pourrait certainement faire plus, mais on pourrait peut-être surtout faire autrement. "A certains moments, on se sent relativement abandonné. Mais je crois quand même que la Ville va un jour ou l'autre retrouver son attractivité et que les clients reviendront".