
"Nous menons une course contre le virus et c'est une course que nous ne pouvons pas perdre". C'est ainsi que Xavier Bettel s'est adressé à la presse ce mercredi soir. "C'est une crise internationale et nationale."
Ce mercredi matin, l'article 32.4 de la Constitution a été invoqué et le règlement signifiant l'état de crise a été signé par le Grand-Duc. Il entre donc en application immédiatement et pour 10 jours après lesquels la Chambre des députés doit voter son prolongement.
Toutes les mesures décidées pendant l'état de crise prennent fin dès que la crise est terminée.
La règle principale de confinement doit être suivie par tous. Il n'y a que quelques exceptions qui permettent aux personnes de sortir.
- Pour aller travailler, si le télétravail n'est pas possible.
- Pour les consultations médicales d'urgence
- Pour faire les courses de moyens de subsistance, de médicaments et de soins.
- Pour s'aérer, mais toujours seul ou avec les personnes qui vivent sous le même toit.
Dans tous les cas, il faut respecter les mesures de distanciation sociale et les règles d'hygiène.
Les personnes qui outrepasseraient ces règles et circuleraient malgré tout risquent une amende de 145€.
Seuls les commerces essentiels (alimentation, pharmacie, télécommunication, stations services, poste, réparations, journaux) peuvent ouvrir. Les autres doivent rester fermés, de même que les chantiers ou les infrastructures culturelles. Les entreprises qui contreviennent à ces règles risquent 4.000 € d'amende.
"Il y aura toujours de l'approvisionnement en nourriture et en moyens de subsistance", a insisté le Premier ministre tout en félicitant et remerciant le personnel de santé et celui des supermarchés.
Puisqu'il n'y a pas de pénurie en vue, il ne faut pas faire de stock et pénaliser ceux qui ne peuvent pas faire leur course tôt le matin. "Ces personnes sont justement celles qui travaillent pour nous."
Il en appelle à la solidarité et au bon sens pour que chacun respecte les autres sans que des quantités limitées ne soient imposées.
Pour l'instant l'approvisionnement en matériel médical ne pose pas de problème, mais des stocks sont coincés aux frontières parfois fermées.
Les frontières avec la Belgique et la France ne devraient pas être fermées, mais la situation peut changer. C'est pour cela que les certificats pour les travailleurs frontaliers ont été émis. "Si cela se présente, une voie sera réservée aux frontaliers sur la route."
Le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères ont discuté avec les autorités françaises pour s'assurer que les travailleurs frontaliers pourraient continuer à travailler, en particulier dans le secteur de santé. "Considérant que ce personnel est vital, ils ne voudront pas laisser mourir leur voisin."
80.000 citoyens européens se trouvent partout dans le monde et "nous essayons de nous coordonner avec les pays européens pour leur venir en aide".
"Ça coûtera ce que ça coûtera", a répondu Xavier Bettel quant au coût économique de ces mesures. "Mais la santé doit passer d'abord, nous n'avons pas fixé de montant".
Il a aussi envisagé de devoir mettre en place "un plan Marshall à la luxembourgeoise, car je ne sais pas combien de temps cette crise va durer".
Interrogé sur les capacités des connexions internet, le Premier ministre indique que le pays se trouve "proche des limites", notamment à cause du télétravail et de l'école à domicile. Les travaux d'infrastructure en fibre optique se justifient donc pleinement.