Hausse des prix pétroliersCarole Muller: les entreprises ont besoin de mesures "maintenant"

Annick Goerens
adapté pour RTL Infos
Mardi matin, Carole Muller, la présidente de Luxembourg Confederation, qui représente les intérêts d’environ 1.800 entreprises actives dans le commerce, le transport ainsi que dans le secteur des services, était l'invitée de la rédaction de RTL.
© Annick Goerens

La hausse des prix pétroliers constitue indéniablement un problème pour tous les secteurs”, a déclaré Carole Muller mardi sur RTL. Mais, évidemment, l’impact est vraiment très direct pour le secteur des transports. Ce n’est que plus tard que ces hausses de prix se répercuteront également sur les services ou le commerce.

La présidente de la Luxembourg Confederation estime que les responsables politiques luxembourgeois doivent désormais réagir et mettre en place un cadre approprié, après que l’Allemagne et la France ont déjà pris des mesures pour soutenir leurs entreprises. Un cadre européen a été défini, et l’Allemagne a, par exemple, décidé de soutenir l’ensemble des acteurs en exploitant au maximum ce cadre. Des contacts ont bien entendu déjà été pris avec le ministère de l’Économie. “Nous savons qu’ils y travaillent, mais nous espérons que cela ira vite, car le problème est bien réel aujourd’hui, et pas seulement dans quelques mois”.

Les entreprises peuvent‑elles se préparer à des hausses de prix ?

Les entreprises ne peuvent guère se préparer à ces augmentations, selon Carole Muller. Il est certes possible de constituer des stocks pour certaines matières premières, il y a parfois aussi des achats qui se font sur le long terme. Il est dès lors “important que les entreprises veillent à prendre en compte ces hausses dès le départ dans leurs coûts. Les marges s’en trouvent naturellement réduites, mais après un certain temps, une entreprise n’aura pas d’autre choix que de répercuter l’augmentation des coûts sur le client”. De nombreuses entreprises sont certes déjà engagées dans la transition énergétique, mais cela ne signifie pas qu’elles ne dépendent plus fortement des prix du pétrole.

De plus en plus de grandes entreprises font faillite

Les faillites sont également très préoccupantes. Et ce, non pas en raison de leur nombre, qui est plutôt en baisse lorsqu’on considère une année entière. En 2021, on comptait 242 faillites, contre 93 en 2025, a précisé Carole Muller. “Ce qui est plus problématique, en revanche, c’est que ce sont de grandes entreprises qui ferment leurs portes. Entre 2019 et 2021, environ 1.000 emplois ont été perdus par an. Mais au cours des deux dernières années, ce sont au moins 3.000 emplois par an qui ont disparu”.

Et c’est en réalité davantage ce chiffre qui doit nous inquiéter et sur lequel nous devons nous concentrer, plutôt que le seul nombre de faillites.

Ce sont principalement des entreprises du secteur de la construction qui ont mis la clé sous la porte. Ce phénomène serait davantage lié à des problèmes structurels dans le secteur du logement qu’à des difficultés économiques générales. Depuis la crise du Covid, on construit moins, “mais si l’activité devait à nouveau repartir demain, cela poserait problème en raison du manque de main‑d’œuvre”. Là aussi, l’invitée de la rédaction appelle les responsables politiques à “réagir très rapidement”.

Dialogue social : nous devons de nouveau nous remettre autour d’une table

Carole Muller est également directrice générale de Fischer et, à partir de l’année prochaine, de Panelux. Si elle examine la situation pour ses entreprises, la combinaison d’un index en juin et d’une hausse du salaire minimum de 3,8 %, telle qu’elle est actuellement envisagée, reviendrait pour elle à devoir rémunérer l’équivalent de 38 employés supplémentaires à partir de janvier 2027. Elle emploie actuellement un peu plus de 1.000 personnes. Cela représente près de 4 %. Il faut “être conscient” de l’ampleur “de l’impact sur l’entreprise”. La directrice générale de Fischer craint que de nombreuses petites entreprises ne puissent pas absorber ce surcoût et soient contraintes d’augmenter leurs prix afin de pouvoir rester rentables. C’est aussi pour cette raison qu’il est désormais essentiel que tout le monde participe au dialogue social, afin que celui‑ci puisse fonctionner.

Revenons nous asseoir ensemble autour d’une table, il faut que nous recommencions à nous parler”, peu importe que ce soit dans le cadre d’une tripartite ou non.

De moins en moins de boulangeries : cela s’explique par les habitudes des consommateurs

Depuis 2020, le nombre de personnes travaillant dans le secteur de la boulangerie a diminué de 14 %. Cela s’explique par la nécessité de s’adapter aux habitudes des consommateurs. Aujourd’hui, le client n’achète plus sa baguette uniquement chez le boulanger, mais aussi au supermarché ou à la station‑service.

Je pense que, parce que les gens préfèrent peut-être se rendre dans un endroit où ils peuvent tout acheter, le nombre de ventes augmente [dans les grandes surfaces], et alors il y a évidemment moins de petites boulangeries”. La concurrence est toutefois bénéfique pour le commerce, et c’est pourquoi il est important que les petites boulangeries et boucheries, les petits cafés ne disparaissent pas, mais restent présents dans les centres‑villes. C’est toutefois aussi “au client de le décider”.

Trouver du personnel qualifié reste par ailleurs problématique. Il n’y a pas de difficultés particulières pour les postes de vente, mais lorsqu’il s’agit de profils spécifiques comme des boulangers, des pâtissiers ou des techniciens, la recherche devient nettement plus compliquée, selon Carole Muller.

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