
La situation ne devrait pas s'apaiser avant l'an prochain, selon le Statec. Nous aurions maintenant besoin d'une solution rapide à un certain nombre de problèmes, qui s'annoncent à long terme, dit le directeur général de la Chambre de Commerce, Carlo Thelen. Les ménages comme les entreprises souffrent de l'inflation.
Il y a plus d'un facteur économique qui complique particulièrement la vie des entreprises en ce moment. Certains facteurs sont conjoncturels, dus à la reprise mondiale après la crise sanitaire. L'offre ne parvient plus à suivre la demande, les chaînes d'approvisionnement sont toujours perturbées, il y a un manque de main d'oeuvre et des problèmes logistiques.
Il faut ajouter à cela la crise ukrainienne, qui ne cesse de s'aggraver. Personne ne peut estimer l'impact qu'elle aura sur les approvisionnements.
Mais indépendamment de la pandémie et avant la crise ukrainienne, les prix de l'énergie ont déjà augmenté à cause de la transition environnementale et climatique, selon Carlo Thelen:
"Il est évident qu'aussi bien pour les ménages que pour les entreprises, la transition énergétique aura un coût. Cela, les responsables politiques ne l'ont peut-être pas suffisamment expliqué aux gens. Mais il est évident que cette transition coûte des investissements énormes et que c'est compris actuellement dans ces tarifs."
Tous les effets cités ont un impact sur les prix. Ce sont particulièrement les entreprises non exportatrices qui vont répercuter les surcoûts sur les clients par des hausses de prix. Pour soulager les ménages, il faut adapter les transferts sociaux tels que l'allocation de vie chère, considère Carlo Thelen. Au niveau des entreprises, il faudrait voir secteur par secteur:
"Il y a des entreprises qui peuvent répercuter une bonne partie de la hausse des prix de l'énergie et des matières premières et d'autres qui ne le peuvent pas. Il faudra veiller là à donner des aides spécifiques et ciblées. Comme pour le Covid, là, l'Etat a aidé de manière plus ciblée sur le chiffre d'affaires et leurs pertes les entreprises qui étaient les plus concernées. Cela pourrait être prévu ici aussi. Mais je pense également à des mesures fiscales."
Il y a aussi des dysfonctionnements sur lesquels nous pouvons seulement influer à plus long terme. Il faudrait par exemple réduire la dépendance de l'Europe par rapport aux Etats-Unis et à la Chine. L'approvisionnement énergétique devrait être plus diversifié. Le directeur général affirme cependant également que le système de l'indexation devrait être adapté:
"C'est une proposition que la Chambre de Commerce fait depuis longtemps. Depuis que nous avons remarqué qu'il fallait parler davantage de développement durable et de gestion durable. Nous avons constaté que notre système d'indexation n'est plus adapté, car il donne simplement quelque chose à chacun.Tout le monde est dédommagé, mais avec la transition énergétique, nous voulons éviter que les gens soient incités à consommer encore plus de produits pétroliers ou de produits nocifs, comme l'alcool ou le tabac. C'est pourquoi nous avons déjà dit qu'il faut introduire un panier durable."
Par exemple, les salariés qui ont besoin de leur voiture, devraient être indemnisés via des transferts sociaux. En effet, pour les entreprises, deux tranches d'index en un an, ne seraient pas acceptables. Cela leur ôterait de la prévisibilité, de sorte qu'elles ne pourraient pas établir de budget efficace. Les entreprises luxembourgeoises pourraient ainsi perdre une partie de leur compétitivité.
Carlo Thelen ne pense pas que l'inflation reviendra à un niveau normal avant l'année prochaine ou même la suivante. Il faudrait réagir dès à présent, afin que les entreprises ne s'enlisent pas davantage.
Le reportage en langue luxembourgeoise de nos collègues de RTL: