Grand EstLes dirigeants d'un hypermarché soupçonnés d'une escroquerie à plus d'un million d'euros

RTL Infos avec AFP
Le gérant d'un hypermarché Carrefour du Haut-Rhin a été incarcéré pour une escroquerie au détriment de ses fournisseurs estimée à au moins un million et demi d'euros, et son directeur financier est également poursuivi, a indiqué mercredi le procureur de Mulhouse, Nicolas Heitz.
© Charpaud Christopher/ABACA/Charpaud Christopher/ABACA via Reuters Connect

Interpellés le 11 mai, le gérant, âgé de 36 ans, et le directeur financier, 26 ans, sont mis en examen pour escroquerie commise en bande organisée, recel d'escroquerie, abus de biens sociaux et blanchiment, a précisé le magistrat. Ils ont "globalement" reconnu les faits en garde à vue.

Le premier a été placé en détention provisoire, le second sous contrôle judiciaire avec interdiction de communiquer avec tout protagoniste de l'affaire.

Les deux dirigeants, qui exploitaient en franchise le magasin situé à Illzach, près de Mulhouse, avaient mis en place un système dont la clé de voûte était les produits en promotion.

Traditionnellement, dans la grande distribution, la différence entre le prix normal et le prix réduit est prise en charge par le fournisseur. Or, dans ce dossier, les mis en cause enregistraient des ventes fictives de produits en promotion, puis annulaient ces ventes, mais répercutaient quand même les réductions sur leurs fournisseurs, leur permettant de les payer moins et d'empocher la différence.

Le préjudice a d'abord été estimé à environ 1,5 million d'euros, mais l'enquête qui avance laisse "présager un préjudice encore plus important", selon le procureur.

Près de 550.000 euros ont été saisis sur les comptes du gérant et de ses sociétés.

La période exacte sur laquelle le mécanisme a fonctionné n'est pas connue. Le magasin, à l'origine directement exploité par Carrefour, est passé sous le régime de la franchise ("location-gérance") en juin 2022, mois à partir duquel le gérant l'a exploité via ses propres sociétés.

Le groupe Carrefour a dénoncé dans un communiqué des faits "en totale contradiction avec (s)es valeurs et (s)es règles d'éthique".

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